Opinion – À quelques jours de l’investiture du président Mamadi Doumbouya prévue le 17 janvier 2026, Conakry connaît une transformation visible : rues nettoyées, espaces publics dégagés, image de la capitale redorée. Les autorités locales – gouverneurs, présidents de délégations spéciales, chefs de quartiers et de secteurs – sont à pied d’œuvre, et les citoyens commencent à apprécier les résultats.
Cet engagement mérite d’être salué. La discipline collective, le respect de l’espace public et une vision plus ordonnée de la ville sont des marqueurs essentiels d’un État moderne, organisé et attractif. Même si certaines méthodes peuvent sembler contraignantes ou précipitées, l’objectif de fond – offrir une capitale plus propre et plus digne – reste louable et nécessaire.
Pourtant, une mise en garde s’impose : la propreté urbaine ne doit pas se réduire à une opération de circonstance dictée par l’arrivée imminente des invités internationaux pour la cérémonie d’investiture. Une investiture, aussi solennelle soit-elle, reste un événement ponctuel qui commence et s’achève le même jour. En revanche, la salubrité, l’image et le rayonnement de la capitale exigent un effort permanent.
La modernité ne s’affiche pas le temps d’une parade : elle s’incarne dans une politique publique durable, dans une habitude partagée, dans un réflexe civique ancré chez les autorités comme chez les citoyens. Transformer Conakry en décor éphémère pour impressionner les hôtes d’un jour serait une occasion manquée. Ce qui compte, c’est que la capitale incarne vraiment la modernité et inspire l’ensemble du pays sur la durée.
Que cet élan actuel marque le véritable point de départ d’une démarche ininterrompue, et non une simple parenthèse liée à une cérémonie. Car un ays moderne ne se construit pas pour un événement, mais pour ses citoyens, chaque jour, sans interruption.
Par Aboubacar Sidiki Wattara, Analyste politique











