Prenant la parole lors de la cérémonie d’échanges de vœux tenue le samedi 7 février 2026 avec la Conférence des présidents de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), Jean-Marc Kabund-A-Kabund a livré un discours critique sur la situation nationale en République démocratique du Congo.
Le président national de la CGC et de l’Alliance pour le Changement a dressé le portrait d’un pays plongé dans une crise profonde, affirmant que « notre pays traverse une crise profonde et multidimensionnelle », caractérisée par une pauvreté endémique, une misère sociale persistante et un sentiment d’abandon généralisé. Il a insisté sur le fait que « gouverner, ce n’est pas seulement rassurer l’extérieur ; gouverner, c’est d’abord répondre à l’intérieur », soulignant le décalage entre les discours officiels et la réalité vécue par les Congolais.
Jean-Marc Kabund-A-Kabund a dénoncé un climat politique marqué par « un espace politique restreint et sous tension », où les libertés publiques sont, selon lui, confisquées, les opposants inquiétés, arrêtés ou contraints à l’exil, et les manifestations interdites. À cette situation s’ajoute une insécurité persistante dans l’Est du pays, qui continue « d’arracher des vies innocentes », ainsi que son extension vers d’autres zones du pays, notamment à travers le phénomène Mobondo.
Abordant la question du dialogue national, l’opposant a rappelé qu’« il ne peut y avoir dialogue que lorsqu’il y a de vives contestations politiques, voire militaires, contre le pouvoir en place ». Il a estimé qu’« il est politiquement incorrect qu’un pouvoir contesté puisse se choisir ses interlocuteurs », rejetant ainsi toute initiative définie unilatéralement par les autorités. Pour lui, « la paix ne se convoque pas comme un meeting », mais se construit dans l’équilibre, l’inclusivité et la légitimité.
Dans cette perspective, la CGC n’envisage de participer qu’à « un dialogue politique véritablement inclusif », conduit par une facilitation neutre, avec comme lignes rouges non négociables le respect de la Constitution, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale. Parmi les préalables figurent notamment la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, « l’arrêt immédiat des enlèvements et arrestations arbitraires », le retour des exilés et la libération de l’espace public.
Sur le plan régional, Jean-Marc Kabund-A-Kabund a vivement réagi aux déclarations du président rwandais Paul Kagame, estimant que « ces déclarations, que certains tentent de banaliser, constituent en réalité un pas dangereux vers la balkanisation de notre pays ». Il a appelé l’ensemble de la classe politique congolaise à les considérer comme « une déclaration de guerre stratégique ».
Enfin, l’opposant a lancé un message clair aux Congolais engagés au sein de l’AFC/M23, leur rappelant que « la guerre qu’ils mènent a pour objectif final la balkanisation de notre pays ».
BERETE O. Jack, correspondant de Bambouguinee.com en RDC










