L’Indice de Développement Humain (IDH), publié chaque année par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), reste l’un des outils les plus utilisés pour évaluer le bien-être réel des populations, loin des seuls chiffres de richesse économique.
Créé en 1990 par les économistes Mahbub ul Haq et Amartya Sen (prix Nobel), l’IDH met l’être humain au centre : un pays progresse-t-il vraiment si ses habitants vivent plus longtemps, en meilleure santé, s’instruisent davantage et disposent d’un niveau de vie décent ?
Trois piliers fondamentaux
L’IDH repose sur une moyenne géométrique de trois dimensions clés :
– Santé : l’espérance de vie à la naissance (minimum 20 ans, maximum 85 ans).
– Éducation : combinaison du nombre moyen d’années de scolarité des adultes (≥25 ans) et du nombre d’années de scolarité attendues pour les enfants actuels (max. 15 et 18 ans).
– Niveau de vie : le revenu national brut par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA), avec une formule logarithmique pour refléter que l’argent compte plus quand on est pauvre (fourchette : 100 $ à 75 000 $).
Chaque dimension est normalisée sur une échelle de 0 à 1, puis l’IDH final est calculé comme suit :
IDH = (Indice santé × Indice éducation × Indice revenu)<sup>1/3</sup>
Cette moyenne géométrique pénalise fortement les déséquilibres : un pays peut être riche mais avoir une espérance de vie faible, son IDH chutera drastiquement.
Classification actuelle (données 2023 – Rapport PNUD 2025)
– ≥ 0,800 : développement humain très élevé
– 0,700 – 0,799 : élevé
– 0,550 – 0,699 : moyen
– < 0,550 : faible
Selon le dernier rapport publié en mai 2025 (« Une affaire de choix : individus et perspectives à l’ère de l’IA »), l’IDH mondial stagne et progresse au rythme le plus faible depuis 1990, malgré une légère hausse attendue en 2024. Les inégalités entre pays riches et pauvres continuent de se creuser pour la quatrième année consécutive.
Dans le top mondial, l’Islande domine avec un score proche de 0,972, suivie de la Norvège, de la Suisse, du Danemark et de l’Allemagne. En Afrique, les Seychelles (0,848 – 54e mondial) mènent, devant l’île Maurice, l’Algérie (0,763 – 96e), l’Égypte et la Tunisie.
Limites et compléments
L’IDH ne mesure ni les inégalités internes, ni les pressions environnementales, ni les libertés politiques. C’est pourquoi le PNUD publie en parallèle l’IHDI (ajusté aux inégalités), le PHDI (ajusté aux pressions planétaires) ou l’indice d’inégalité de genre.
En résumé, l’IDH rappelle une évidence simple mais puissante : le développement ne se résume pas à accumuler de la richesse, mais à offrir à chaque personne les moyens de vivre une vie longue, instruite et digne.
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