Dans une intervention solennelle devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Secrétaire général António Guterres a tiré la sonnette d’alarme : l’état de droit, fondement essentiel de la Charte des Nations Unies et pilier de la paix mondiale, est en train d’être gravement miné à l’échelle planétaire.
« Partout dans le monde, l’état de droit est remplacé par la loi de la jungle », a lancé le chef de l’ONU lors d’un débat de haut niveau sur le renforcement du droit international, convoqué par la Somalie qui préside le Conseil ce mois-ci. À l’heure où l’Organisation célèbre les 80 ans de sa Charte, António Guterres a dénoncé une érosion dangereuse des principes multilatéraux face à la multiplication des conflits et à la perte de confiance envers les institutions internationales.
Le Secrétaire général a pointé du doigt des violations flagrantes du droit international : usage illégal de la force, attaques contre des infrastructures civiles, abus des droits humains ou encore entrave à l’aide humanitaire. « Le droit international est traité comme un menu à la carte », a-t-il regretté, citant notamment les situations dramatiques à Gaza et en Ukraine comme illustrations de cette dérive.
« Il ne peut y avoir de paix durable ni juste sans responsabilité. L’état de droit doit prévaloir », a insisté António Guterres, appelant à un sursaut collectif pour respecter les engagements de la Charte : règlement pacifique des différends, respect des droits humains, égalité souveraine des États et recours aux outils de médiation et de justice internationale, notamment la Cour internationale de Justice.
Face à l’impunité croissante et à la tentation du recours unilatéral à la force, le chef de l’ONU a appelé à réaffirmer urgemment le primat du droit comme voie unique pour restaurer la paix, la justice et la coopération multilatérale. Un message urgent alors que les tensions géopolitiques continuent de fragiliser l’ordre international.
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