L’Afrique sous le choc. Alors que le Nigeria panse encore ses plaies, l’Union africaine a haussé le ton ce dimanche. La présidence de la Commission UA a fustigé avec une rare vigueur les attaques barbares perpétrées dans l’État de Zamfara, transformant une nouvelle fois le Nord-Ouest du pays en charnier à ciel ouvert.
Addis-Abeba sonne la charge. Au lendemain d’une attaque d’une violence inouïe qui a vu des hordes de terroristes semer la mort et l’horreur dans plusieurs villages de Zamfara, c’est une Présidente de la Commission de l’Union africaine visiblement exaspérée qui a brisé le silence.
Le bilan provisoire, encore provisoire, donne le vertige : plus de 50 corps sans vie jonchant le sol. Et comme si la mort ne suffisait pas, la terreur s’est invitée dans les foyers. Des femmes et des enfants ont été arrachés à leurs proches, réduits en silence et emportés vers une destination inconnue par les assaillants.
« Une grave violation des droits de l’homme »
Dans un communiqué dont la fermeté tranche avec la langue de bois habituelle, Mahmoud Ali Youssouf n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé des actes « odieux et coordonnés », qualifiant ces exactions de « graves violations des droits de l’homme » et de menaces directes contre la paix et la stabilité du continent.
Mais au-delà des condamnations de pure forme, le ton s’est voulu martial. « L’Union africaine rejette catégoriquement tous les actes de terrorisme », a-t-il martelé, rappelant que les civils, et en particulier les plus vulnérables, ne doivent pas être les cibles de cette guerre larvée qui ronge la région.
Un appel au sursaut collectif
Alors que les familles des victimes tentent de faire le tri entre les larmes et les dépouilles, la Présidente a tenu à adresser les « sincères condoléances » de l’ensemble du continent au gouvernement nigérian et aux proches des disparus.
Mais l’UA ne compte pas s’arrêter aux condoléances. Dans un appel pressant, Mahmoud Ali Youssouf a exigé la libération immédiate, sûre et inconditionnelle de tous les otages. Plus encore, il a lancé un véritable cri d’alarme aux capitales africaines : il est temps de renforcer la coordination et de passer à une « action collective » pour protéger les populations.
Une mise en garde à peine voilée contre la tentation du chacun pour soi face à une menace terroriste qui, elle, n’a pas de frontières. Le message est clair : si les terroristes s’unissent pour tuer, les États africains doivent s’unir pour protéger. L’heure n’est plus à la demi-mesure.
Alors que le soleil s’est couché sur les ruines fumantes de Zamfara, une question reste en suspens : combien de massacres faudra-t-il encore avant que les paroles ne se transforment en actes sur le terrain ?











