Dans ce texte publié sur les réseaux sociaux, l’homme d’affaires, fondateur du groupe Al Habtoor et connu pour son soutien passé aux Accords d’Abraham, interpelle directement Trump :
« Qui vous a donné l’autorité pour entraîner notre région dans une guerre avec l’Iran ? Et sur quelle base avez-vous pris cette décision dangereuse ? »
Al Habtoor reproche au président américain d’avoir ignoré les conséquences pour les pays arabes du Golfe, placés « au cœur d’un danger qu’ils n’ont pas choisi ». Il souligne que les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et d’autres nations arabes disposent de leurs propres armées et capacités de défense, mais questionne :
« Qui vous a permis de transformer notre région en champ de bataille ? »
Le milliardaire pointe du doigt une contradiction flagrante : cette escalade militaire survient alors que l’encre n’a pas encore séché sur l’initiative Board of Peace (Conseil de la Paix), lancée par Trump pour promouvoir la paix, la stabilité et la reconstruction (notamment à Gaza), avec des engagements financiers massifs provenant précisément des pays du Golfe – des milliards de dollars promis pour le développement et non pour financer des conflits.
« Finançons-nous des initiatives de paix ou une guerre qui nous expose au danger ? » interroge-t-il, exigeant une transparence totale sur l’utilisation de ces fonds.
Al Habtoor élargit sa critique aux États-Unis eux-mêmes, affirmant que cette guerre trahit les promesses électorales de Trump – éviter les conflits étrangers et prioriser l’Amérique. Il cite des chiffres selon lesquels les opérations militaires directes coûteraient entre 40 et 65 milliards de dollars, pouvant atteindre 210 milliards avec les impacts économiques indirects en cas de prolongation (4 à 5 semaines), sans compter les vies américaines perdues dans un conflit « qui ne les concerne ni de près ni de loin ».
Il liste les interventions militaires autorisées par Trump depuis le début de son second mandat : frappes ou opérations au Somalie, Irak, Yémen, Nigéria, Syrie, Iran, Venezuela, ainsi que des actions navales dans les Caraïbes et l’est du Pacifique. Selon lui, plus de 658 frappes aériennes extérieures ont été menées durant la première année de son premier mandat – un chiffre supérieur au total sous Biden, que Trump critiquait pourtant pour les mêmes raisons.
Ces choix, conclut-il, se répercutent sur la popularité de Trump aux États-Unis, avec une chute de 9 % de son taux d’approbation en seulement 400 jours depuis son investiture pour ce second mandat, reflétant un « inquiétude croissante » face au risque d’une nouvelle guerre coûteuse.
« La véritable leadership ne se mesure pas aux décisions de guerre, mais à la sagesse, au respect de l’autre et à l’engagement pour la paix », martèle Khalaf Ahmad Al Habtoor, réclamant des comptes clairs et une réelle accountability sur ces engagements pris au nom de la stabilité régionale et mondiale.
La Rédaction










