Alors que la récente dissolution par décret de 40 formations politiques, dont des partis historiques comme le PDG-RDA, le PUP, le RPG et l’UFDG, suscite de vives inquiétudes dans le pays, l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (UCEG) appelle à privilégier la réconciliation nationale et le dialogue plutôt que des mesures perçues comme brutales.
Dans un message d’interpellation nationale adressé à notre rédaction, le président de l’UCEG, Amadou Barry, exprime les « interrogations et inquiétudes légitimes » de l’opinion publique face à cette décision qui efface d’un trait des acteurs majeurs de l’histoire politique guinéenne.
« Effacer ainsi des formations qui ont marqué l’histoire de notre pays pose une question fondamentale : est-ce la voie qui peut conduire à la réconciliation nationale et à la stabilité durable de la Guinée ? », interroge-t-il.
Tout en reconnaissant la part de responsabilité des partis eux-mêmes dans les crises passées – notamment le non-respect des règles démocratiques et la primauté des intérêts personnels sur l’intérêt national –, M. Barry estime que « l’exclusion ou l’effacement brutal de l’histoire politique » ne saurait être la solution.
Il rappelle que la Guinée n’a jamais manqué de lois, de constitutions ou de chartes, mais que le vrai défi réside dans le respect effectif des textes adoptés.
Pour l’UCEG, la refondation nationale ne peut réussir que par l’inclusion, le dialogue et la cohérence de l’État. Amadou Barry invite respectueusement le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, à opter pour une approche rassembleuse :
« La refondation doit être un moment de pardon, de dialogue et de reconstruction nationale. Elle ne doit pas devenir un moment d’exclusion. »
Il propose concrètement l’organisation d’un véritable dialogue national avec les acteurs politiques pour :
– Réexaminer la charte des partis politiques ;
– Définir des critères clairs et équitables ;
– Accorder un moratoire raisonnable permettant aux formations de se mettre en conformité ;
– Reconstruire un espace politique crédible et respectueux des règles.
Le président de l’UCEG adresse également un appel aux militants et aux jeunes de la mouvance présidentielle : « Défendre un dirigeant ne signifie pas applaudir tout ce qui est fait. Le véritable soutien consiste à dire la vérité lorsque l’intérêt supérieur de la nation est en jeu. »
Concluant sur une note d’espérance et de responsabilité collective, Amadou Barry affirme :
« L’histoire jugera chacun d’entre nous. Ce qui doit guider nos positions aujourd’hui, ce ne sont ni les intérêts individuels ni les calculs politiques, mais l’avenir de la Guinée et l’unité de son peuple. La Guinée mérite mieux que les divisions permanentes. Elle mérite la sagesse, la justice et le rassemblement. »
Ce positionnement de l’UCEG intervient dans un contexte de forte polarisation politique, quelques semaines seulement après l’intronisation du président Doumbouya et à l’approche des échéances électorales législatives et locales prévues en mai 2026.
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