Le Conseil de sécurité des Nations Unies a franchi une étape diplomatique majeure en adoptant une résolution historique condamnant les attaques iraniennes contre les pays du Golfe. Un vote sans précédent par son ampleur qui isole diplomatiquement Téhéran sur la scène internationale.
Une résolution historique portée par 135 États
C’est un camouflet diplomatique d’une rare intensité qu’a subi l’Iran mercredi au siège de l’ONU à New York. Le Conseil de sécurité a adopté un projet de résolution proposé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) condamnant fermement les attaques iraniennes contre les pays de la région, dont la Jordanie.
Le texte exige que Téhéran mette immédiatement fin à ses hostilités et cesse de cibler des infrastructures civiles stratégiques telles que les ports et les installations énergétiques dans le Golfe.
Le soutien international a été massif : 135 pays ont cosigné le projet, un nombre qualifié d' »exceptionnel » par les observateurs. « Nous pensons qu’il s’agit du plus grand nombre de pays jamais réunis pour coparrainer un projet de résolution du Conseil de sécurité », a déclaré un diplomate présent.
Le vote : 13 voix pour, zéro contre
Fait notable : aucun pays n’a voté contre la résolution. La Chine et la Russie, pourtant alliées traditionnelles de Téhéran, ont choisi de s’abstenir plutôt que d’utiliser leur droit de veto.
« La Chine et la Russie se sont abstenues, mais ont notamment décidé de ne pas utiliser leur droit de veto pour bloquer cette résolution, probablement parce qu’elle a reçu un large soutien », a analysé un expert.
La colère de Téhéran : « Une tache indélébile »
L’ambassadeur d’Iran auprès de l’ONU, Amir-Saeid Iravani, a vivement réagi, exprimant son « profond regret » devant le Conseil :
« C’est un jour profondément regrettable pour le Conseil de sécurité et pour la communauté internationale. L’adoption d’aujourd’hui porte gravement atteinte à la crédibilité du Conseil et laisse une tache indélébile sur son bilan. »
Le diplomate iranien a dénoncé « un abus flagrant du mandat du Conseil de sécurité » et fustigé les États-Unis pour leur « guerre barbare contre le peuple iranien ». Il a accusé Washington et Israël d’être à l’origine de la résolution, déformant selon lui « la réalité sur le terrain ».
Iravani a également dressé un lourd bilan humain :
– 1 348 civils tués depuis le lancement des attaques américaines et israéliennes le 28 février
– Plus de 17 000 blessés
– 170 écolières tuées à Minab (massacre dénoncé par Téhéran)
– 19 000 sites civils endommagés (habitations, hôpitaux)
La position ambiguë de Moscou et Pékin
Vassili Nebenzia, ambassadeur de Russie à l’ONU, a justifié l’abstention de son pays par le caractère « extrêmement déséquilibré » du texte, tout en condamnant les frappes contre les infrastructures civiles des pays arabes.
Zhang Jun, ambassadeur de Chine, a déclaré que le conflit n’avait « ni légitimité ni fondement juridique » et a appelé les États-Unis et Israël à cesser leurs attaques pour éviter une escalade régionale.
Parallèlement, Moscou a présenté un projet de résolution alternatif appelant toutes les parties à cesser les actions militaires, mais ce texte n’a pas été adopté.
Que va-t-il se passer maintenant ?
La résolution est désormais contraignante en droit international. Mais son application effective repose sur la volonté de Téhéran de s’y conformer.
« La résolution est très claire ; elle fait désormais partie du droit international. La question est de savoir si l’Iran la respectera. Nous le saurons dans les heures et les jours à venir », a conclu un diplomate.
Entre isolation diplomatique, pression militaire et accusations mutuelles, la crise du Golfe entre dans une nouvelle phase, plus incertaine que jamais.
La Rédaction








