Une lettre de démission explosive a été rendue publique ce mardi par Joe Kent, directeur du National Counterterrorism Center (NCTC), organe clé du renseignement américain chargé de coordonner la lutte antiterroriste. Nommé sous l’administration Trump en 2025, cet ancien des forces spéciales et fervent soutien du président a claqué la porte en dénonçant ouvertement la guerre en cours contre l’Iran.
Dans une lettre adressée directement à Donald Trump et publiée sur les réseaux sociaux, Kent affirme ne plus pouvoir « en bonne conscience » soutenir « la guerre en cours en Iran ». Selon lui, Téhéran ne représentait aucune menace imminente pour les États-Unis, et le conflit aurait été déclenché sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain.
« Il est clair que nous avons lancé cette guerre sous la pression d’Israël et de son lobby américain influent », écrit-il. Il accuse des responsables israéliens de haut rang et des médias pro-guerre d’avoir mené une campagne de désinformation pour convaincre Trump qu’une victoire rapide était possible, reprenant selon lui les mêmes tactiques qui ont conduit à la guerre en Irak.
Kent, vétéran de 11 déploiements au combat et veuf de Shannon Kent – une cryptologue de la Navy tuée en 2019 par un attentat-suicide de l’État islamique en Syrie –, invoque son expérience personnelle pour marteler que ces conflits du Moyen-Orient ne servent pas les intérêts américains. Il évoque les pertes humaines et financières, qualifiant ces guerres de « piège » qui saignent les ressources et les vies des patriotes américains.
Il rend hommage aux promesses de campagne de Trump en 2016, 2020 et 2024, rappelant que jusqu’en juin 2025, le président semblait conscient que les interventions militaires prolongées au Moyen-Orient étaient contre-productives. Il cite en exemple les opérations réussies de son premier mandat : l’élimination de Qassem Soleimani et la défaite de l’EI sans enlisement.
« En tant que mari d’une Gold Star [famille d’un militaire tué au combat] qui a perdu sa femme bien-aimée Shannon dans une guerre que je considère comme fabriquée, je ne peux pas soutenir l’envoi de la prochaine génération se battre et mourir dans un conflit qui ne profite ni au peuple américain ni ne justifie le coût en vies », déclare-t-il avec émotion.
La lettre se termine par un appel direct à Trump : « Je prie pour que vous réfléchissiez à ce que nous faisons en Iran, et pour qui nous le faisons. Le moment d’agir avec audace est maintenant. Vous pouvez inverser la trajectoire et tracer une nouvelle voie pour notre nation, ou nous laisser glisser davantage vers le déclin et le chaos. Vous tenez les cartes. »
Cette démission intervient alors que la guerre États-Unis-Israël contre l’Iran, entrée dans sa troisième semaine, suscite déjà de vives critiques internes et internationales. Elle révèle des fissures profondes au sein même de l’administration Trump, y compris parmi ses plus loyaux soutiens issus du monde du renseignement et des forces spéciales.
Joe Kent, qui a posté la lettre sur X (anciennement Twitter), n’a pas encore commenté publiquement au-delà de ce document. La Maison Blanche n’a pas immédiatement réagi à cette défection spectaculaire.
Ce départ forcé d’un haut responsable antiterroriste pourrait amplifier les débats sur la justification et la stratégie de ce conflit, alors que les coûts humains et économiques s’accumulent et que les alliés traditionnels des États-Unis se montrent réticents à s’impliquer davantage.
Le communiqué :
La Rédaction











