Par la rédaction – 29 octobre 2026
Moins de 72 heures après sa défaite face à Luiz Inácio Lula da Silva, le sénateur Flávio Bolsonaro a quitté le Brésil dans des conditions rocambolesques. Mercredi 28 octobre, il a posé le pied à Miami avec sa femme et ses deux filles, au terme d’un voyage express via l’Argentine et l’Équateur. Une opération minutieusement préparée qui défie une interdiction judiciaire et place désormais l’opposition brésilienne en exil aux États-Unis.
Une disparition de 24 heures
Tout commence le lundi 26 octobre. Le ministre du Supremo Tribunal Federal (STF) Alexandre de Moraes ordonne à Flávio Bolsonaro de remettre ses passeports dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent et évasion de devises. Le sénateur, candidat battu au second tour (48,21 % contre 51,79 %), publie d’abord une vidéo dans laquelle il affirme qu’il restera au Brésil et se défendra.
Mais dès le mardi soir, le scénario bascule. Selon les autorités migratoires argentines, Flávio et sa famille franchissent la frontière terrestre à Puerto Iguazú vers 22 h 50. Quarante minutes plus tard, ils embarquent à bord d’un Gulfstream G400 immatriculé LV-JQW, un jet privé opéré par la société argentine Baires Fly. L’appareil décolle peu après minuit, évite l’espace aérien brésilien, fait une brève escale à Guayaquil (Équateur) pour se ravitailler, puis reprend sa route vers la Floride.
À 10 h 31 (heure de Brasília), le jet se pose à l’aéroport exécutif d’Opa-locka, près de Miami. Les images montrent le sénateur, polo bleu marine et sac à dos, descendant les marches en compagnie de sa famille, sous le regard des photographes et de la sécurité.
L’ombre de Trump
L’entrée sur le sol américain a été facilitée par l’administration Trump. Le Département d’État a confirmé qu’il délivrerait des visas à la famille. Le président américain a lui-même déclaré : « Nous lui avons donné un laissez-passer pour entrer dans le pays. » Selon plusieurs sources, un proche de la Maison Blanche aurait même contribué à organiser le vol privé.

Depuis Miami, Flávio Bolsonaro a publié une lettre ouverte dans laquelle il se proclame « le véritable leader du Brésil » et accuse le STF et le gouvernement Lula d’avoir « volé l’élection ». Il remercie Donald Trump et le président argentin Javier Milei pour leur soutien.
Réactions et conséquences
À Brasília, la fuite est qualifiée de « honteuse » par le président Lula. Des députés du PT réclament déjà un mandat d’arrêt préventif. Du côté de l’opposition, le silence est de mise : plusieurs dirigeants du PL ont affirmé avoir été pris par surprise.
Cette évasion rappelle celle de Jair Bolsonaro en 2022, qui avait lui aussi trouvé refuge aux États-Unis juste avant la passation de pouvoir. Elle place désormais Flávio dans une position d’exil politique, à quelques kilomètres de son frère Eduardo, déjà installé au Texas.
Le sénateur a perdu son immunité parlementaire à la fin de son mandat. Reste à savoir s’il demandera formellement l’asile politique… et jusqu’où Washington ira pour le protéger.
Par la Rédaction










