Moscou 29 octobre 2026 – Le troisième sommet Russie-Afrique, qui s’est déroulé les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou sous la co-présidence de Vladimir Poutine et d’Évariste Ndayishimiye (président en exercice de l’Union africaine), s’est conclu sur l’adoption de documents structurants et la signature d’une trentaine d’accords.

Dans un contexte de concurrence géopolitique accrue, Moscou a cherché à consolider son influence sur le continent en misant sur la souveraineté, le commerce et la sécurité.
Trois documents majeurs et 33 accords signés
Au terme des travaux, trois textes ont été formellement adoptés :
– La Déclaration de Moscou (plus de 100 points) qui plaide pour un ordre mondial multipolaire, la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, l’opposition aux sanctions unilatérales et le développement de la coopération dans l’énergie, l’agriculture, les minerais critiques, la santé et l’éducation.
– La Déclaration de coopération dans l’application civile des technologies d’intelligence artificielle.
– Le Plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour 2027-2029, destiné à passer des déclarations politiques à des projets concrets avec calendriers, financements et indicateurs.
Selon le Kremlin, 33 documents (accords intergouvernementaux, mémorandums d’entente et contrats commerciaux) ont été signés pour renforcer la coopération économique. Au total, plus de 60 accords auraient été conclus si l’on inclut les documents commerciaux non publics. Parmi les exemples connus :
– Accords miniers entre le Mali et la société russe ZarubezhGeologia (cartographie géologique et système d’information géologique).
– Mémorandums et plans d’action avec des organisations régionales africaines (Union africaine, SADC, COMESA, Communauté d’Afrique de l’Est, CEEAC).
– Accords bilatéraux de coopération (éducation, santé, agriculture, culture) avec plusieurs pays, dont le Togo.
– Mémorandums dans le domaine de la santé (formation, recherche, médecine nucléaire, digitalisation) et des accords sur la suppression de visas pour certains passeports diplomatiques.
– Annonces concrètes comme la livraison de 12 avions de chasse russes à l’Éthiopie.
Poutine a souligné que le commerce bilatéral dépasse déjà 27 milliards de dollars et vise à atteindre 50 milliards, avec 85 % des transactions déjà effectuées en monnaies nationales.
L’intérêt de la République de Guinée
La Guinée a marqué sa présence au sommet. Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’étranger, Morissanda Kouyaté, a conduit la délégation. Arrivé à Moscou dès le lundi 26 octobre, il a transmis les salutations du président de la Transition, le général Mamady Doumbouya, et participé aux sessions plénières ainsi qu’aux échanges bilatéraux.

Dans un contexte où Conakry cherche à diversifier ses partenariats tout en consolidant sa souveraineté économique, la participation guinéenne s’inscrit dans une logique pragmatique. Le pays, riche en bauxite et en ressources minières, voit dans la Russie un partenaire potentiel pour le développement de son secteur extractif, les infrastructures, l’énergie et la sécurité alimentaire. Cette présence illustre la volonté de la Transition de ne plus dépendre d’un seul axe et de négocier des cadres de coopération concrets plutôt que de simples déclarations d’intention.
Le sommet de Moscou 2026 confirme ainsi la volonté russe de s’imposer comme un acteur incontournable en Afrique, tandis que des pays comme la Guinée y voient une opportunité de rééquilibrer leurs relations internationales.
Par Mohamed Saliou CAMARA










