Dans une cérémonie grandiose au stade Général Lansana Conté de Nongo, à Conakry, le général Mamadi Doumbouya a été investi ce samedi 17 janvier 2026 comme président élu de la République de Guinée. Élu avec 86,72 % des voix lors du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, Doumbouya entame un mandat de sept ans, marquant la fin officielle de la transition militaire entamée après le coup d’État de septembre 2021.
La cérémonie, qui a attiré des milliers de Guinéens et plusieurs chefs d’État africains, dont le président rwandais Paul Kagame, le vice-président nigérian Kashim Shettima et le président gambien Adama Barrow, le Président Sénégalais Diomaye Faye s’est déroulée dans une ambiance festive et solennelle.
Une délégation américaine, menée par le sous-secrétaire adjoint aux Affaires africaines Will Stevens, était également présente, soulignant l’intérêt international pour cette transition vers un régime civil.
De la Junte à la Présidence Élue : Un Parcours Controversé
Mamadi Doumbouya, âgé de 41 ans, avait initialement promis de ne pas se présenter à l’élection présidentielle après avoir renversé l’ancien président Alpha Condé en 2021. Cependant, après une transition de plus de quatre ans marquée par des réformes constitutionnelles – incluant l’extension du mandat présidentiel de cinq à sept ans et l’autorisation pour les membres de la junte de se porter candidats – il a remporté une victoire écrasante face à une opposition affaiblie.
Critiquée par certains observateurs comme une « mascarade » électorale, l’élection a vu l’exclusion de figures majeures de l’opposition, avec des partis suspendus et des activistes disparus.
Malgré cela, l’Union africaine et la CEDEAO ont salué le processus comme « pacifique et ordonné ».
Doumbouya, passé de l’uniforme militaire aux tenues civiles comme des tracksuits ou des boubous traditionnels, s’est efforcé de projeter une image plus accessible, tout en insistant sur la souveraineté nationale et la lutte contre la corruption.
Le Serment et le discours : engagement pour l’avenir
Devant la Cour suprême et un public enthousiaste, Doumbouya a prêté serment en ces termes, conformément à l’article 59 de la nouvelle Constitution : « Je jure de respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution, les lois, les règlements et les décisions de justice ; de ne jamais recourir aux pouvoirs qui me sont dévolus à des fins personnelles. En cas de parjure, que je subisse la rigueur de la loi. »
Dans son discours d’investiture, le nouveau président a souligné la responsabilité qui lui incombe : « Je mesure pleinement la responsabilité que les Guinéens m’ont confiée au lendemain du 28 décembre. Je ferai de mon mieux pour répondre aux attentes de tous les Guinéens et Guinéennes. »
Il a appelé à l’unité nationale, à la paix et à une souveraineté « pleinement assumée », promettant de poursuivre les réformes pour exploiter les ressources minières du pays, comme le projet Simandou, au profit de la population.
Les citoyens de Conakry, interrogés avant l’événement, exprimaient des attentes en matière d’améliorations socio-économiques, malgré les critiques sur les restrictions aux libertés civiles pendant la transition.
« C’est un moment pivotal pour la Guinée », a déclaré un habitant de la capitale, reflétant l’espoir mêlé de vigilance qui plane sur ce nouveau mandat.
Défis à Venir : Démocratie et Développement
Alors que la Guinée, riche en bauxite mais confrontée à la pauvreté et à l’instabilité, entre dans cette Cinquième République, Doumbouya doit prouver sa capacité à gouverner démocratiquement. Des observateurs internationaux appellent à des élections crédibles futures et au respect des droits humains.
Avec une popularité en hausse – de 46 % à 53 % entre 2022 et 2024 selon Afrobarometer – le président élu a une opportunité de consolider l’unité nationale, mais les fantômes du passé autoritaire planent toujours.
Cette investiture n’est pas seulement la victoire d’un homme, mais un test pour l’avenir de la Guinée.
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