À l’occasion du centenaire de la naissance de Jeanne Martin Cissé, figure emblématique de la Guinée et pionnière mondiale, les femmes africaines et guinéennes ont organisé une conférence de presse ce lundi 6 avril 2026 à Conakry.
L’initiative vise à honorer « la fille du Milo » et à transmettre son héritage aux jeunes générations, tout en mobilisant une équipe pour les célébrations nationales et internationales.

Dr Makalé Traoré a expliqué que cette rencontre a permis de rassembler des idées et de mettre en place une structure organisationnelle :
« C’est un grand symbole, Jeanne Martin Cissé, et l’occasion nous est donnée de faire la démonstration et surtout de faire comprendre à la jeune génération ce que toutes ces femmes ont fait pour ce pays. »
Les participantes ont mis en avant le patriotisme de Jeanne Martin Cissé, son amour pour la Guinée et pour les femmes, ainsi que ses combats incessants en faveur de l’éducation, de la santé et de l’épanouissement féminin. Elles ont également salué ses œuvres sur la scène nationale et internationale, marquées par une détermination exceptionnelle.
Un parcours d’exception
Née le 6 avril 1926 à Kankan (sur les rives du Milo), Jeanne Martin Cissé est l’une des premières institutrices guinéennes. Issue d’une famille instruite (père employé des PTT, mère sage-femme), elle est formée à l’École normale de Rufisque au Sénégal. Militante engagée dès l’époque coloniale au sein du Rassemblement démocratique africain (RDA), elle participe activement à la lutte pour l’indépendance de la Guinée aux côtés de Sékou Touré.
Sur la scène internationale, elle marque l’histoire en devenant, en 1972, la première femme à présider le Conseil de sécurité des Nations Unies (alors que la Guinée y siégeait comme membre non permanent).

En 1974, elle est élue présidente du Comité spécial de l’ONU contre l’apartheid, où elle porte avec force la voix de l’Afrique pour la décolonisation de l’Afrique du Sud. Lauréate du Prix Lénine pour la paix en 1975, elle a également occupé les fonctions de représentante permanente de la Guinée à l’ONU, députée, ministre des Affaires sociales (1976-1984) et ambassadrice.

Hadja Maimouna Yombouno, 1ère Vice-présidente du Conseil National de la Transition (CNT), a souligné l’impact de ce parcours :
« Par son combat, elle a déblayé le chemin pour l’accès des femmes aux postes de décision. Première femme présidente du Conseil de sécurité des Nations Unies… Nous avons encore appris beaucoup de choses qui nous impressionnent et qui nous donnent encore plus de courage. »
Une initiative portée par Hadja Maimouna Yombouno
L’initiative de cette conférence de presse et du comité d’organisation du centenaire est partie de Hadja Maimouna Yombouno, première vice-présidente du CNT. Les participantes, dont des femmes parlementaires et conseillères, y voient un privilège et une opportunité d’inspiration : « Cela signifie que l’espoir est permis », a déclaré une conseillère au CNT, tout en félicitant l’initiative de la vice-présidente.
À l’image de Jeanne Martin Cissé, la Guinée compte encore de nombreuses icônes féminines vivantes telles que Hadja Mariam Sow, Hadja Mahawa Bangoura, Madame Guilao Joséphine Leno ou Hadja Mariam Aribot, dont les œuvres continuent de faire la fierté de la nation.
Cette célébration du centenaire s’annonce comme un moment fort de reconnaissance et de transmission des valeurs de patriotisme, de courage et d’engagement pour l’émancipation des femmes guinéennes et africaines.
Une source d’inspiration intemporelle pour les générations futures.
Mohamed Saliou CAMARA – E-mail : [email protected] / Tél : +224620711095















