La perception de la liberté des médias recule dans une partie du continent africain. D’après la dernière infographie d’Afrobarometer, fondée sur des enquêtes menées dans 30 pays africains, la part des citoyens qui estiment que leur média national est libre a diminué de 4 points de pourcentage entre les deux vagues comparées. L’étude précise que les répondants ont été interrogés sur la capacité des médias à rapporter et commenter l’actualité sans censure ni ingérence du gouvernement.
Le recul n’est pas uniforme. Dix pays enregistrent des baisses à deux chiffres, avec une chute particulièrement marquée en Guinée (-34 points), suivie du Lesotho (-22), du Nigeria (-22) et du Botswana (-20). À l’inverse, certains pays affichent des améliorations notables : le Liberia (+58), le Gabon (+24) et la Zambie (+22).
L’infographie montre ainsi un continent traversé par des perceptions très contrastées. Afrobarometer souligne qu’en moyenne, 53 % des personnes interrogées considèrent que les médias de leur pays sont « largement libres », tandis que 43 % estiment qu’ils restent soumis à la censure ou à l’ingérence gouvernementale. Les écarts sont forts selon les pays : la liberté perçue est élevée en Tanzanie et au Libéria, mais beaucoup plus faible dans d’autres États comme le Comores ou le Congo-Brazzaville.
Au-delà du constat, le sondage révèle aussi un attachement réel des citoyens africains à la liberté de la presse. 72 % souhaitent que les médias jouent un rôle de contrôle du pouvoir, en enquêtant sur les fautes et la corruption, et 64 % défendent le droit des médias à publier des opinions sans contrôle gouvernemental. Cette tendance suggère une attente forte en faveur d’une presse indépendante, même dans des contextes où sa liberté est jugée fragile.
Dans le cas de la Guinée, la baisse de 34 points constitue le signal le plus inquiétant de l’infographie. Elle traduit une dégradation majeure du sentiment de liberté médiatique, sur fond de tensions politiques et de climat de défiance autour de l’information publique. Afrobarometer note d’ailleurs que les perceptions de la liberté des médias se sont détériorées dans 14 des 30 pays étudiés au cours des dernières années.
En résumé, cette infographie ne dit pas seulement que les médias africains sont jugés moins libres en moyenne. Elle montre surtout une fracture nette entre pays, avec une Guinée au centre des reculs, et rappelle qu’une large majorité d’Africains continue malgré tout à réclamer une presse capable de surveiller le pouvoir sans subir de pression.
Par la rédaction













