Les chiffres publiés par la Direction Générale de l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM), établissement public rattaché au ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, montrent une diminution globale des cas enregistrés en 2025 par rapport à 2024. Cette baisse, particulièrement marquée sur les infractions les plus graves, intervient sous le leadership de la Directrice générale, Madame Marie Gomez, dont l’équipe a considérablement amélioré la collecte et la fiabilité des données cette année.
En 2024, l’OPROGEM avait recensé 957 cas d’infractions sur l’ensemble du territoire national, un bilan alarmant dominé par les violences sexuelles, les abandons et les coups et blessures. En 2025, le total des cas listés dans les statistiques officielles s’élève à environ 658 cas (somme des infractions détaillées fournies), soit une réduction substantielle d’environ 31 %.
Comparaison détaillée des principaux indicateurs (2024 vs 2025)
– Viol : 212 cas en 2024 (dont 211 filles et 1 garçon, tous déférés devant la justice) → 112 cas en 2025. Baisse de 47 % – une diminution très significative sur l’infraction la plus grave et la plus médiatisée.
– Enlèvement d’enfants : 46 cas en 2024 → 38 cas en 2025. Baisse de 17 %.
– Abandon d’enfants : 74 cas en 2024 → 34 cas en 2025. Baisse de 54 %.
– Séquestration : 37 cas en 2024 → 32 cas en 2025. Baisse modérée de 14 %.
– Abandon de famille : 170 cas en 2024 (dont 67 poursuivis) → 102 cas en 2025. Baisse de 40 % – l’un des reculs les plus nets.
– Coups et blessures : 165 cas en 2024 → 71 cas en 2025. Baisse de 57 %.
– Violences conjugales (physiques, morales et psychologiques) : 157 cas en 2024 → 77 cas en 2025. Baisse de 51 %.
– Injures publiques : 57 cas en 2024 → 35 cas en 2025. Baisse de 39 %.
– Traite des personnes : 8 cas en 2024 → 9 cas en 2025. Légère hausse.
– Trafic des êtres humains : 2 cas en 2024 → 1 cas en 2025. Baisse.
– Excision : précisément en 2024 → 3 cas en 2025.
– Autres infractions notables en 2025 : Enfants disparus (40), Menaces (45), Atteintes sexuelles (21), Mariage forcé (9), Proxénétisme (7), Infanticide (10), Maltraitance (19), Harcèlement (10).
Ces données témoignent d’une tendance globale à la baisse sur la plupart des violences basées sur le genre et celles affectant les enfants, qui restent les principales victimes. Les enfants continuent de payer un lourd tribut, notamment sur les viols (majoritairement des filles mineures), les enlèvements et les disparitions.
Des progrès attribués au leadership de l’OPROGEM
Grâce au dynamisme de l’équipe dirigée par la commissaire divisionnaire Marie Gomez, les statistiques 2025 sont plus précises et exhaustives que les années précédentes. Cette prouesse reflète un meilleur maillage territorial, une sensibilisation accrue et une prise en charge plus efficace des plaintes. Cependant, les experts soulignent que ces chiffres officiels ne capturent probablement qu’une partie des cas réels, en raison de la sous-déclaration liée aux pesanteurs socioculturelles et à la peur des victimes.
Le rapport 2024 insistait déjà sur des recommandations fortes : renforcement de l’éducation communautaire sur les droits de l’enfant, formation des forces de sécurité à la gestion des violences sexuelles, et création de centres d’écoute régionaux. Ces pistes restent d’actualité en 2026 pour consolider les avancées observées.
Malgré ces progrès encourageants, la Guinée fait toujours face à une crise profonde. La mobilisation des autorités, des communautés et des partenaires internationaux demeure essentielle pour éradiquer ces violences et protéger durablement les plus vulnérables.
Mohamed Saliou CAMARA – Journaliste d’investigation, Fact-checker, Analyste des données – Suivi des statistiques sécuritaires et sociales en Guinée depuis plusieurs années – Tél : +224620711095 – E-mail : [email protected]










