L’Assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi 4 septembre, à une écrasante majorité, une résolution invitant gouvernements, écoles, organisations internationales et entreprises technologiques à abandonner les cartes qui minimisent la taille de l’Afrique.
Par 164 voix pour, une contre (celle des États-Unis) et six abstentions, les États membres ont donné un coup de pouce historique à une campagne menée par le Togo au nom de l’Union africaine. Le texte, intitulé « Corriger la carte », promeut l’usage de projections plus fidèles aux superficies réelles, en particulier la projection Equal Earth créée en 2018.

Depuis le XVIe siècle, la projection de Mercator – conçue à l’origine pour la navigation maritime – agrandit artificiellement les territoires proches des pôles. Résultat : le Groenland apparaît souvent aussi grand que l’Afrique, alors que le continent africain est en réalité environ 14 fois plus vaste. Cette distorsion, dénoncée comme une « minimisation symbolique », a, selon les promoteurs de la résolution, des effets durables sur les représentations collectives, l’éducation et même les perceptions géopolitiques.
« Un monde juste commence par une carte juste », avait déclaré le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, avant le vote. La résolution n’interdit pas l’usage de Mercator pour la navigation, où elle reste pertinente. Elle encourage simplement à privilégier des cartes à aires égales dès que la taille relative des continents compte, notamment dans les salles de classe, les médias et les outils numériques.

La France, coparrain du texte, a d’ores et déjà annoncé qu’elle abandonnerait progressivement la projection de Mercator pour ses cartes officielles. L’Union africaine a salué une « avancée importante » vers une représentation plus équitable du monde.
Si le texte n’est pas juridiquement contraignant, il marque un tournant symbolique fort : après des siècles de cartes héritées de l’ère coloniale, l’Afrique pourrait enfin apparaître à sa juste échelle dans l’imaginaire mondial.
La Rédaction










