New York – Depuis la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président guinéen Mamadi Doumbouya a présenté mercredi le bilan de son pays et défendu une voie africaine de développement fondée sur la souveraineté et l’adaptation aux réalités locales.
S’adressant aux chefs d’État et de gouvernement, le chef de l’État guinéen a d’abord félicité le nouveau président de l’Assemblée générale et salué le travail du secrétaire général António Guterres. Il a ensuite rappelé son discours de vérité prononcé il y a trois ans, dans lequel il dénonçait l’importation pure et simple de modèles de gouvernance étrangers. « Je le maintiens », a-t-il affirmé, avant d’ajouter qu’il revenait cette fois « non pour dénoncer, mais pour partager des éléments factuels ».
Une Constitution « façonnée par le peuple »
La République de Guinée s’est dotée d’une nouvelle Constitution adoptée par référendum. Ce texte, a insisté le président, n’est pas calqué sur un modèle extérieur. Il renforce la représentation des terroirs et des communautés, garantit l’alternance et la gouvernance participative, et fait de la pluralité linguistique, religieuse et culturelle un fondement de l’unité nationale.
Sur cette base constitutionnelle, le pays a organisé l’intégralité de son cycle électoral – présidentielle, législatives et locales – entièrement financé par le Trésor guinéen. « Aucun de ces scrutins n’a connu d’incident significatif », a déclaré Mamadi Doumbouya, y voyant la preuve qu’un pays africain peut organiser seul des élections crédibles et apaisées.
Des réalisations en moins de trois ans
Le président a dressé un tableau des avancées concrètes enregistrées :
- Plus de 1 000 kilomètres de routes bitumées
- Achèvement du mégaprojet Simandou, présenté comme le plus vaste projet minier et d’infrastructures d’Afrique
- Construction d’écoles et d’hôpitaux sur l’ensemble du territoire
- Trois raffineries d’alumine en cours de réalisation pour transformer la bauxite localement
- Mise en service de la plus grande raffinerie d’or d’Afrique
- Lancement du programme Simandou 2040, feuille de route de développement socio-économique sur quinze ans
Ce programme, a-t-il souligné, ne se limite pas à l’extraction minière : il vise à accélérer les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé et l’industrie. La jeunesse reste, selon lui, la principale richesse du pays. L’initiative Simandou Academy doit permettre de former les jeunes aux besoins du marché du travail et de créer des opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat.
Un appel à des partenariats respectueux de la souveraineté
S’inspirant de l’Asie et de certains pays du Proche-Orient, Mamadi Doumbouya a affirmé que le développement s’accélère lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation. « Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale », a-t-il précisé, mais un appel à un partenariat « fondé sur la co-construction gagnant-gagnant ».
La Guinée, a-t-il conclu, restera un partenaire fiable, ouvert et engagé, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Le président a exprimé l’espoir que l’expérience guinéenne puisse inspirer une réflexion plus large sur les voies multiples et légitimes du développement en Afrique.
« La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. »
La Rédaction










