Conakry, le 8 juillet 2026 – Dans son rapport final d’observation citoyenne, la Plate-forme nationale de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (PN-UCEG) dresse un bilan mitigé des élections du 31 mai 2026. Si le climat général est jugé apaisé, l’organisation pointe de nombreuses faiblesses logistiques et de transparence qui ont affecté la crédibilité du processus.
Une mission d’observation citoyenne d’envergure
Accréditée par la Direction Générale des Élections (DGE), l’UCEG a déployé 40 observateurs à travers plusieurs régions du pays. Grâce à un quartier général national et un système de remontée rapide des informations, la plateforme a suivi les principales phases du scrutin : ouverture des bureaux de vote, déroulement du vote, dépouillement et centralisation des résultats.
Principaux constats sur le terrain
Climat général calme : L’UCEG a observé un scrutin se déroulant dans un environnement globalement serein et pacifique dans la majorité des localités couvertes. Les forces de sécurité ont joué un rôle préventif et l’ordre public a été globalement respecté.
Retards et problèmes logistiques
De nombreux observateurs ont signalé :
– Des retards dans l’ouverture de plusieurs bureaux de vote ;
– L’arrivée tardive d’agents électoraux ;
– Des insuffisances dans la mise en place du matériel électoral.
Participation variable
La mobilisation des électeurs est restée faible dans plusieurs zones tout au long de la journée.
Irrégularités signalées
Parmi les incidents les plus préoccupants :
– Indisponibilité de bulletins de vote pour l’élection législative dans certaines localités ;
– Absence de procès-verbaux et de fiches de résultats accessibles aux représentants des candidats ;
– Difficultés d’identification des bureaux de vote et ruptures ponctuelles de documents électoraux.
Dépouillement et publication des résultats : des faiblesses majeures
Le rapport souligne des retards importants dans le dépouillement et la centralisation des résultats. De nombreux observateurs ont également fait état de difficultés d’accès aux procès-verbaux et d’une transparence insuffisante dans la chaîne de transmission des résultats.
Réclamations des acteurs politiques
L’UCEG a reçu plusieurs réclamations de candidats portant notamment sur :
– Le manque de neutralité de certains observateurs ;
– Des incohérences dans la cartographie des bureaux de vote ;
– Des difficultés de localisation des centres de vote.
Analyse et recommandations de l’UCEG
Pour l’organisation, si les élections se sont déroulées dans un climat apaisé, les insuffisances organisationnelles (retards, problèmes de cartographie, manque de documents électoraux et faible transparence) risquent d’entamer la confiance des citoyens et des acteurs politiques.
Recommandations principales :
À la DGE :
– Améliorer significativement la planification logistique ;
– Publier à temps la cartographie définitive des bureaux de vote ;
– Garantir la disponibilité des bulletins et documents dans tous les bureaux ;
– Renforcer la transparence du dépouillement et de la centralisation.
Aux institutions de contrôle : Examiner rapidement les réclamations et publier leurs conclusions.
Aux partis et à la société civile : Renforcer la formation des représentants et les outils d’observation citoyenne.
Conclusion
Pour sa première grande mission d’observation nationale, l’UCEG estime avoir rempli sa mission avec neutralité et professionnalisme. L’organisation réaffirme son engagement en faveur d’un processus électoral plus transparent, mieux organisé et plus inclusif pour consolider la démocratie guinéenne.
Amadou BARRY
Président National de l’UCEG – Chef de Mission d’Observation Électorale
Source : Rapport final PN-UCEG












