Simandou 2040 et efficacité de l’action publique : la société civile prête à accompagner une gouvernance fondée sur les résultats
Conakry, le 5 septembre 2026
Excellence Monsieur le Président de la République,
La Plateforme Nationale de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (PN-UCEG) a suivi avec une attention particulière les orientations que vous avez données au Gouvernement lors du Conseil des ministres du 3 septembre 2026, notamment concernant la mise en œuvre du Programme Simandou 2040, l’efficacité de l’action gouvernementale et l’obligation de résultats.
Après analyse de votre intervention, nous souhaitons publiquement saluer cette exigence de responsabilité dans la gestion de l’action publique et vous réaffirmer notre disponibilité à accompagner, dans le respect de notre indépendance et de notre mission citoyenne, toute dynamique visant à améliorer concrètement les conditions de vie des populations guinéennes.
Monsieur le Président de la République,
Une affirmation retient particulièrement notre attention :
« Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable. »
Cette exigence rejoint une conviction que nous défendons : la véritable finalité de la dépense publique n’est pas simplement l’exécution d’un budget, mais le changement qu’elle produit dans la vie du citoyen.
Une école construite doit permettre aux enfants d’étudier dans de meilleures conditions.
Un centre de santé doit permettre aux populations d’accéder effectivement aux soins.
Une route doit faciliter la mobilité des personnes et des biens.
Un investissement agricole doit contribuer à améliorer la production et les revenus.
Une politique d’emploi doit créer des opportunités réelles pour les jeunes.
C’est pourquoi nous partageons votre exigence : chaque franc public dépensé doit pouvoir être relié à un résultat concret pour la Nation.
ALLER SUR LE TERRAIN POUR CONTRÔLER, DÉCIDER ET RÉSOUDRE
Monsieur le Président,
Nous avons également accordé une attention particulière à votre instruction demandant aux membres du Gouvernement d’être davantage présents sur le terrain.
Nous comprenons cette orientation comme une volonté de permettre aux ministres de constater directement l’état réel d’exécution des projets relevant de leurs départements, plutôt que de se limiter aux rapports administratifs qui leur sont transmis.
Cette démarche est pertinente.
Un ministre doit pouvoir vérifier :
Le projet existe-t-il réellement ?
Quel est son niveau d’exécution ?
Les délais sont-ils respectés ?
La qualité attendue est-elle au rendez-vous ?
Les difficultés signalées correspondent-elles aux réalités du terrain ?
Et surtout : les populations bénéficient-elles réellement de l’investissement réalisé ?
Nous pensons cependant que ces missions doivent rester conformes à votre propre exigence de sobriété et de qualité de la dépense publique.
Le terrain ne doit pas devenir un espace de cérémonies coûteuses. Il doit devenir un espace de contrôle, de décision et de solution.
Chaque déplacement gouvernemental devrait donc être ciblé, préparé et orienté vers des résultats précis.
Car si chaque franc consacré à un projet doit produire un résultat, chaque franc consacré au suivi de ce projet doit également être utile.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, ALLEZ AUSSI À LA RENCONTRE DE LA GUINÉE RÉELLE
Excellence Monsieur le Président de la République,
Au-delà des missions gouvernementales, nous souhaitons respectueusement vous soumettre une proposition.
Nous souhaitons vous voir davantage au contact direct des populations guinéennes.
Nous pensons qu’un programme périodique de visites de proximité à travers les régions, préfectures, sous-préfectures et communautés pourrait constituer un puissant outil d’aide à la décision présidentielle.
Pas nécessairement de grandes cérémonies.
Pas nécessairement de grandes mobilisations protocolaires.
Mais des rencontres simples permettant au Chef de l’État d’écouter directement ses concitoyens.
Écouter une mère de famille parler du coût de la vie.
Écouter un jeune parler de l’emploi.
Écouter un enseignant parler de son école.
Écouter un professionnel de santé parler de son centre.
Écouter un agriculteur parler de sa production.
Écouter un entrepreneur expliquer les difficultés auxquelles il fait face.
Écouter, simplement, la Guinée réelle.
Ces rencontres permettraient également aux citoyens de mieux comprendre votre vision et les transformations recherchées à travers Simandou 2040.
ÉTABLIR UN DIALOGUE DIRECT AVEC LA SOCIÉTÉ CIVILE
Monsieur le Président,
Notre pays dispose également d’une force qui peut davantage contribuer à cette dynamique : les organisations crédibles de la société civile.
Elles sont présentes dans les régions, les préfectures, les communes et les communautés. Elles travaillent quotidiennement sur la citoyenneté, l’éducation, la santé, la paix, l’environnement, l’emploi, la gouvernance et le développement local.
Nous plaidons ainsi pour l’établissement d’un cadre périodique de dialogue direct entre la Présidence de la République et les organisations crédibles et représentatives de la société civile.
La société civile ne doit pas seulement être sollicitée lorsqu’une difficulté apparaît.
Elle peut également devenir une force permanente d’écoute, d’observation, de proposition et d’évaluation citoyenne.
Monsieur le Président,
Vous portez une vision et des ambitions pour notre pays.
La société civile peut contribuer à confronter régulièrement cette vision aux réalités vécues par les populations.
Confiez également des missions citoyennes à la société civile.
Demandez-nous d’aller écouter les populations.
Demandez-nous d’observer les effets d’une politique publique.
Demandez-nous d’évaluer la perception d’un programme.
Demandez-nous de documenter certaines difficultés.
Demandez-nous de recueillir les préoccupations des citoyens.
Et permettez-nous de revenir vous rendre compte, avec indépendance et objectivité, de ce que nous aurons réellement constaté.
Il ne s’agit évidemment pas de confier cette responsabilité à une seule organisation.
Notre pays compte de nombreuses organisations crédibles disposant d’expériences, de compétences et d’implantations territoriales importantes.
Cette force citoyenne peut être mise en mouvement au service de la Nation.
NOUS NE VOULONS ÊTRE NI UNE SOCIÉTÉ CIVILE D’OPPOSITION SYSTÉMATIQUE, NI UNE SOCIÉTÉ CIVILE DE COMPLAISANCE
Excellence Monsieur le Président,
Nous tenons particulièrement à préciser le sens de notre démarche.
Accompagner l’action publique ne signifie pas applaudir systématiquement toutes les décisions publiques.
Et signaler une difficulté ne signifie pas s’opposer systématiquement à l’État.
Nous voulons contribuer à construire une société civile responsable : capable de reconnaître ce qui fonctionne, de signaler ce qui doit être amélioré et surtout de proposer des solutions.
Notre engagement à accompagner l’action publique n’est donc pas un engagement à dire oui à tout.
C’est un engagement à dire, avec responsabilité et objectivité, ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et ce que les citoyens vivent réellement.
Lorsque l’intérêt national est en jeu, l’État et la société civile ne doivent pas systématiquement se regarder comme des adversaires.
Ils peuvent agir, chacun dans son rôle et dans le respect de son indépendance, autour d’un objectif commun : améliorer les conditions de vie des citoyens.
TROIS SOURCES D’INFORMATION POUR MIEUX DÉCIDER
Monsieur le Président,
Une telle dynamique pourrait permettre au Chef de l’État de disposer de trois sources complémentaires d’information.
La première serait constituée des rapports de l’administration et des membres du Gouvernement, chargés d’exécuter les politiques publiques.
La deuxième proviendrait de la société civile, qui écoute, observe, documente et transmet les réalités constatées auprès des populations.
La troisième serait votre contact direct avec les citoyens, à travers vos propres déplacements et rencontres de proximité.
Lorsque ces trois sources convergent, elles confortent la décision publique.
Lorsqu’elles divergent, elles permettent de vérifier davantage, d’identifier les difficultés et, si nécessaire, de corriger.
SIMANDOU 2040 DOIT AUSSI SE MESURER DANS LA VIE QUOTIDIENNE
Monsieur le Président,
Simandou 2040 porte une ambition considérable pour notre pays.
Mais pour le citoyen, la réussite de cette ambition sera aussi appréciée à travers des réalités simples et essentielles :
l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, l’emploi, la formation, l’agriculture, les routes, le pouvoir d’achat et les conditions de vie des familles.
Voilà pourquoi nous proposons qu’à côté des indicateurs physiques et financiers puisse progressivement exister un véritable baromètre citoyen des résultats de l’action publique.
L’administration pourra dire :
Combien avons-nous investi et quel est le niveau d’exécution ?
Et les citoyens pourront aider à répondre à une autre question :
Qu’est-ce qui a réellement changé dans notre vie ?
Les deux informations sont nécessaires.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, VOUS POUVEZ COMPTER SUR UNE SOCIÉTÉ CIVILE RESPONSABLE
Excellence Monsieur le Président de la République,
Lorsque des orientations publiques vont dans le sens de l’intérêt général, de la bonne gouvernance, de la responsabilité, de la transparence et de l’amélioration des conditions de vie des populations, vous pouvez compter sur la contribution responsable de la société civile.
Nous sommes disposés à aller sur le terrain.
Nous sommes disposés à écouter.
Nous sommes disposés à observer.
Nous sommes disposés à documenter.
Nous sommes disposés à proposer des solutions.
Et nous sommes disposés à rendre compte avec objectivité, y compris lorsque les réalités constatées sur le terrain sont différentes de celles attendues.
C’est précisément cela, selon nous, l’utilité d’une société civile indépendante.
NOTRE VISION EST SIMPLE
L’ADMINISTRATION EXÉCUTE.
LES MINISTRES CONTRÔLENT, DÉCIDENT ET AGISSENT.
LA SOCIÉTÉ CIVILE OBSERVE, ÉCOUTE, CONTRIBUE ET REND COMPTE.
LE CITOYEN ÉVALUE LES RÉSULTATS À TRAVERS SA VIE QUOTIDIENNE.
ET LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ARBITRE, ORIENTE ET FIXE LES PRIORITÉS.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Vous avez affirmé que chaque franc guinéen engagé devait produire un résultat visible, mesurable et vérifiable.
Nous partageons cette exigence.
Et notre proposition est d’aller encore plus loin :
faisons également du citoyen guinéen l’un des principaux témoins de cette vérification.
Car au-delà des budgets, des statistiques, des tableaux de bord et des rapports administratifs, il existe un indicateur qui doit rester au centre de toute politique publique :
LE CHANGEMENT RÉELLEMENT RESSENTI DANS LA VIE DU CITOYEN GUINÉEN.
C’est dans cet esprit républicain, constructif, indépendant et responsable que la Plateforme Nationale de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (PN-UCEG) vous adresse cette contribution et vous réaffirme sa disponibilité à accompagner toute initiative servant véritablement l’intérêt général et le bien-être des populations.
Vive la République !
Vive la Guinée !
Amadou BARRY
Président
Plateforme Nationale de l’Union Citoyenne pour l’Émergence de la Guinée (PN-UCEG)











