Les corps de Mamadou Daye Diallo et Kadiatou Keita, retrouvés lundi 12 octobre 2026 dans un véhicule fermé à Petit Simbaya (Conakry), ont succombé à une intoxication au monoxyde de carbone. L’autopsie, confirmée par le colonel Mohamed N’Diaye, directeur général de la Police technique et scientifique, écarte toute intervention d’une tierce personne.
Selon les conclusions médico-légales, les deux victimes se sont installées dans la voiture, ont allumé le moteur et la climatisation, puis ont discuté jusqu’à l’épuisement du carburant et la décharge de la batterie. Le monoxyde de carbone s’est alors accumulé dans l’habitacle. Des traces du gaz ont été retrouvées dans leurs cœurs lors de la dissection. Les corps devraient être restitués prochainement aux familles.
Un danger bien réel, même à l’extérieur
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore et extrêmement toxique produit par la combustion incomplète du moteur. Il se fixe à l’hémoglobine avec une affinité environ 200 fois supérieure à celle de l’oxygène, provoquant une asphyxie interne rapide. Dans une voiture immobile, fenêtres fermées et climatisation en mode recirculation, les gaz d’échappement peuvent s’infiltrer dans l’habitacle (fuite, corrosion ou simple mauvais renouvellement d’air). Les concentrations mortelles sont parfois atteintes en quelques minutes seulement.
Des drames similaires à travers le monde
Ce type d’accident n’est pas rare. Des cas documentés existent sur tous les continents :
- États-Unis : en 2023, trois Marines ont été retrouvés morts d’intoxication au monoxyde de carbone dans une Lexus stationnée en extérieur en Caroline du Nord. Une fuite d’échappement est la cause la plus probable.
- Garages et démarrages sans clé : de nombreux décès accidentels surviennent lorsque des personnes laissent une voiture en marche dans un garage attenant (surtout avec les véhicules à démarrage sans clé). Des familles entières ont été asphyxiées de cette façon.
- Obstacles ou fuites : la neige bloquant le pot d’échappement, ou la corrosion du système d’échappement, a provoqué des intoxications mortelles à plusieurs reprises, y compris en hiver dans des véhicules immobilisés.
- Asie et ailleurs : plusieurs alertes sanitaires concernent des personnes qui s’endorment ou restent longtemps dans une voiture climatisée immobile. Des décès accidentels ont été recensés dans ces circonstances.
Aux États-Unis uniquement, des centaines de décès accidentels liés aux gaz d’échappement de véhicules ont été enregistrés au fil des décennies. Même si les pots catalytiques modernes ont réduit le risque, il n’a jamais disparu.
Le drame de Petit Simbaya s’inscrit donc dans une longue série d’accidents similaires à travers le monde : rester trop longtemps dans un véhicule fermé avec le moteur en marche reste un geste potentiellement mortel, que ce soit à Conakry, en Caroline du Nord ou ailleurs.
Par la Rédaction










