À moins de deux semaines du scrutin présidentiel du 28 décembre, la campagne électorale en Guinée s’envenime. Le candidat du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, a vivement dénoncé, ce lundi 15 décembre, des pratiques qu’il qualifie d' »empiétement » sur son programme de campagne dans la préfecture de Pita, en Moyenne-Guinée.
Lors d’un meeting à Pita, où il était initialement le seul candidat prévu à s’adresser aux populations, Faya Millimouno a accusé le Premier ministre Amadou Oury Bah – par ailleurs directeur de campagne du président-candidat Mamadi Doumbouya – d’avoir organisé des réunions concurrentes le même jour.
« Avec tout le respect que je dois au Premier ministre, il doit savoir que c’est élémentaire », a déclaré le leader du BL, rappelant le passé politique de Bah Oury : ancien directeur de campagne de Mamadi Doumbouya lors du coup d’État de 2021 et président de la commission d’organisation des manifestations ayant contribué à la chute du capitaine Moussa Dadis Camara en 2009.
« Aujourd’hui, il a profité de mon passage à Pita pour venir tenir des meetings, en empiétant sur le programme normal du candidat du Bloc Libéral que je suis », a poursuivi Faya Millimouno. Il a dénoncé une stratégie systématique : « Partout où je dois m’adresser aux Guinéens, on crée des programmes pour venir empiéter sur mon programme de campagne. C’est parce qu’ils ont peur du message que j’ai pour le peuple : le message de justice, le message d’égalité. »
Le candidat, qui prévoit de poursuivre sa tournée à Labé, a lancé une mise en garde ferme : « Si cela se répète et continue de se répéter, nous tirerons les conséquences et nous nous retirerons de cette mascarade. » Il accuse les autorités d’une « intention de confisquer le pouvoir par tous les moyens » et de bloquer la diffusion de son message critique envers la gouvernance actuelle.
Ces accusations surviennent dans un contexte tendu pour la présidentielle du 28 décembre, marquée par la candidature du général Mamadi Doumbouya, président de la transition depuis le coup d’État de 2021. Sur neuf candidats validés par la Cour suprême, Faya Millimouno est l’un des plus critiques envers la junte. Des incidents récents, comme l’enlèvement dénoncé d’un directeur adjoint de sa campagne début décembre, alimentent les craintes d’un climat d’intimidation.
Le Bloc Libéral, connu pour ses positions fermes sur la démocratie et l’État de droit, appelle à des élections transparentes et inclusives. Aucune réaction immédiate n’a été obtenue du côté du directoire de campagne de Mamadi Doumbouya.
La campagne se poursuit jusqu’au 26 décembre, dans un pays où les enjeux de légitimité et d’équité électorale restent au cœur des débats.
Mohamed Saliou CAMARA – E-mail [email protected]












