Alors que les frappes américaines coordonnées avec Israël contre l’Iran embrasent le Moyen-Orient, le président de la Commission de l’Union Africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa profonde inquiétude, mettant en garde contre les répercussions désastreuses pour le continent africain.
Alors que le monde retient son souffle face à l’embrasement soudain des tensions au Moyen-Orient, une voix s’élève d’Addis-Abeba pour rappeler que le théâtre des opérations militaires n’est pas le seul champ de bataille. Le président de la Commission de l’Union Africaine (UA), S.E. Mahmoud Ali Youssouf, a publié ce samedi un communiqué ferme condamnant l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, et alertant sur les conséquences collatérales qui menacent directement l’Afrique.
Le communiqué fait état de « frappes militaires menées par les États-Unis en coordination avec les forces israéliennes contre des cibles à l’intérieur de la République islamique d’Iran », une action que l’UA qualifie de « grave intensification des hostilités ».
Mais au-delà de l’appel traditionnel à la retenue et au dialogue, c’est l’avertissement lancé au reste du monde, et à l’Afrique en particulier, qui retient l’attention. Le président Youssouf met en garde contre une « aggravation de l’instabilité mondiale » aux conséquences en cascade.
L’Afrique, première victime collatérale ?
Si le champ de bataille se trouve au Moyen-Orient, le continent africain craint d’en payer le plus lourd tribut. Le chef de la diplomatie africaine souligne trois menaces immédiates pour l’Afrique :
– La volatilité des marchés de l’énergie : Une flambée des prix du pétrole, quasi inévitable dans un tel contexte, pénaliserait lourdement les économies africaines déjà fragiles, importantes importantes nettes d’hydrocarbures.
– L’insécurité alimentaire : La perturbation des routes maritimes et la spéculation sur les matières premières pourraient entraîner une nouvelle hausse des prix des denrées alimentaires, plongeant des millions de personnes supplémentaires dans la précarité.
– La résilience économique mise à mal : L’investissement, la croissance et la stabilité macroéconomique, déjà sous pression, pourraient subir un choc supplémentaire.
Un appel à la médiation
L’UA ne se contente pas de dresser un constat alarmiste. Elle appelle à une « priorisation de l’engagement diplomatique » et salue explicitement « les efforts de médiation internationale en cours facilités par le Sultanat d’Oman ».
Cette mention est cruciale : elle positionne l’Afrique non pas comme un spectateur passif, mais comme un soutien actif aux initiatives de paix, rappelant que « la paix durable ne peut être obtenue que par la diplomatie, et non par la force ».
Alors que les chancelleries du monde entier tentent de mesurer l’ampleur de la crise, l’Union Africaine rappelle une vérité fondamentale : dans un monde globalisé, un missile tiré sur Téhéran peut très vite se transformer en une crise alimentaire dans le Sahel ou en une pénurie de carburant à Conakry.
La Rédaction – E-mail : [email protected]










