La perte de 35% des forêts guinéennes depuis 2000 est un phénomène alarmant qui reflète des tendances similaires dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Voici une analyse des causes et des conséquences, ainsi que des pistes de solutions :
Causes principales :
1. Agriculture sur brûlis : Pratiquée pour étendre les terres cultivables (notamment pour l’huile de palme, le cacao ou les cultures vivrières), cette méthode détruit rapidement les écosystèmes forestiers.
2. Exploitation illégale du bois : Le commerce non régulé, souvent destiné à l’exportation vers la Chine, l’Europe ou d’autres pays africains, épuise les essences précieuses comme le teck ou l’acajou.
3. Urbanisation et expansion minière : La croissance démographique et l’extraction minière (bauxite, or) empiètent sur les forêts, notamment dans les régions de Boké et Kindia.
Conséquences :
– Biodiversité : La Guinée abrite des espèces endémiques (comme le chimpanzé occidental) menacées par la déforestation.
– Climat : Réduction des puits de carbone, aggravant les sécheresses et les inondations.
– Communautés locales : Perte des ressources traditionnelles (médicinales, alimentaires) et conflits fonciers.
Solutions potentielles :
1. Renforcement des lois : Appliquer strictement le code forestier et lutter contre la corruption dans le secteur du bois.
2. Agriculture durable : Promouvoir l’agroforesterie et les techniques alternatives au brûlis (ex : compostage, rotation des cultures).
3. Protection des aires forestières : Étendre les parcs nationaux (comme le parc national du Haut-Niger) et impliquer les communautés dans leur gestion.
4. Écotourisme : Développer des projets générateurs de revenus pour réduire la pression sur les forêts.
5. Coopération internationale : Mobiliser des fonds climatiques (REDD+) pour financer la reforestation.
Exemple inspirant :
Le Libéria, voisin de la Guinée, a réduit la déforestation illégale grâce à des accords avec l’UE et un suivi par satellite. Une approche similaire pourrait être reproduite.
Cette crise appelle une réponse intégrée, combinant politiques publiques, sensibilisation et alternatives économiques pour les populations dépendantes des forêts.