Contrairement aux rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux et par certains médias aucune exclusion n’a été prononcée contre les deux élèves. Les autorités éducatives et le ministre de l’Enseignement pré-universitaire ont officiellement démenti cette information.
En Guinée, une vidéo amateure publiée le 5 juin 2026, devenue virale sur les réseaux sociaux,( ici, ici, ici, ici et ici), montre une altercation entre un homme et une jeune fille; il s’agirait d’un professeur ordonnant à son élève de quitter la salle de classe, d’après la légende de la publication. Face au refus d’obéissance de l’élève, l’éducateur a tenté de l’expulser de la pièce avant de la rouer de coups.
Selon cet article de mediaguinee.com, les faits se sont produits il y a un mois et seraient intervenus après que l’enseignant a ordonné à l’élève de sortir de la classe car cette dernière s’était couchée sur son banc en plein cours. Selon le censeur de l’école, cité par le média, on apprend que la lycéenne aurait jeté le sac et les documents de l’enseignant avant que celui-ci ne la frappe.
La lycéenne a par la suite partagé sa version des faits et présenté ses excuses à son professeur et à l’ensemble du corps enseignant de son école.
C’est dans ce contexte précis que des publications (1, 2, 3) sur les réseaux sociaux ont indiqué que la jeune élève sur la vidéo et celle qui filmait la scène ont été « bannies » définitivement de l’école guinéenne.
Le média guinéen FlashGuinée.com a également publié la même information. Selon un journaliste de l’émission GuineeToday sur la chaîne privée guinéenne télé24, la décision aurait été prise par le ministère de l’Éducation nationale. Les deux médias citent comme source un article Mosaïque Guinée , qui a supprimé cette nouvelle de sa plateforme.

Dans la foulée, des pages et comptes au Sénégal (ici), aux Comores (ici), au Mali (ici,), ou encore en Côte d’Ivoire (ici,) se sont fait échos de cette allégation, certains dénonçant même la sévérité de la décision.
Une allégation sans aucune base factuelle
Contactée par la rédaction de Bambouguinee.com, l’inspection régionale de l’éducation de Conakry ainsi que la direction du Groupe Scolaire HAMAS (Hadja Mawa Sanoh), où se sont déroulés les faits, ont formellement démenti ces allégations de radiation.
Selon Thiapato Barry, Inspecteur régional de la ville de Conakry, aucune mesure d’exclusion définitive n’a été prise pour le moment à l’encontre des élèves concernées.
Les deux jeunes filles, jointes par notre équipe, se sont dites surprises par la rumeur et ont préféré ne pas commenter davantage. Lors d’une interview à la télévision publique, le ministre guinéen de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Alpha Bacar Barry a démenti toutes mesures de radiation définitive concernant les deux élèves, soulignant toutefois que des sanctions seront prises, conformément au règlement intérieur de l’école.
En février 2026, cinq élèves (quatre lycéennes et une collégienne) de la région administrative de Boké, dans le nord ouest de la Guinée, ont été renvoyées pour le reste de l’année scolaire 2025-2026 après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo challenge à caractère sexuel impliquant des professeurs et des proches. Elles ont finalement été autorisées à reprendre les cours.
Verdict
Après vérification auprès des sources officielles et triangulations des informations, Bambouguinee.com conclut que l’information selon laquelle les deux lycéennes ont été radiées est fausse. La vidéo de l’altercation est authentique, mais les conséquences annoncées (radiation définitive de toutes les écoles guinéennes) relèvent de rumeurs non fondées.
Cet article est publié dans le cadre du Programme de bourses de soutien au fact-checking d’Africa Check, qui accompagne des rédactions francophones ouest africaines dans le développement et l’intégration du fact-checking dans leur offre éditoriale. Son contenu relève de la seule responsabilité de la rédaction.











