Conakry, 26 septembre 2026 – Cinq jours après la date officielle du 21 septembre, la Fondation Solidarité Féminine a célébré en différé la Journée internationale de la paix à son siège de Dabompa Tassana, dans la commune de Tombolia. Des organisations féminines et des autorités ont convergé vers ce lieu initié par Hadja Maimouna Yombouno, vice-présidente du CNT et présidente fondatrice de la Fondation « Solidarité Féminine ».
Le thème retenu reprend celui de l’ONU pour 2026 : « Investir dans la paix – Pour tous, partout, chaque jour ». L’Organisation des Nations Unies rappelle que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais le fondement de la dignité, de la sécurité et de la coopération au quotidien. Elle honore cette année les « artisans quotidiens de la paix », ceux et celles qui agissent dans les quartiers, les salles de classe et les communautés.
Instituée en 1981 par la résolution 36/67 de l’Assemblée générale, la Journée a été fixée au 21 septembre et déclarée journée de cessez-le-feu et de non-violence par la résolution 55/282 de 2001.
« La pièce principale de la paix, c’est la femme »

Madame Baldé, membre du Réseau des Enseignantes de Guinée et de l’Afrique de l’Ouest, a insisté sur le rôle central des femmes : « On parle de la paix, la pièce principale de la paix c’est la femme, mais on prend des décisions sans elle et on vient les imposer. Là où il y a prise de décision et négociation, les femmes doivent être présentes. »
Elle a appelé la population à rester soudée : « C’est dans la paix qu’on peut reconnaître la dignité, c’est dans la paix qu’on peut vivre. » Selon elle, l’exemple de Hadja Yombouno doit se multiplier partout dans le pays.
Cette exigence d’inclusion rejoint l’agenda Femmes, paix et sécurité né de la résolution 1325 du Conseil de sécurité : les femmes ne sont pas seulement victimes des conflits, elles en sont des actrices essentielles de prévention, de médiation et de reconstruction. En Afrique de l’Ouest comme en Guinée, elles portent souvent la cohésion sociale au quotidien.
Une paix « retrouvée » selon Hadja Maimouna Yombouno
Hadja Maimouna Yombouno a inscrit la cérémonie dans le contexte guinéen : « Aujourd’hui, la Guinée célèbre dans le contexte de paix retrouvée, sous le leadership du président Mamadi Doumbouya. Vous avez constaté que nous n’avons plus de manifestations. Nous avons réussi les élections en paix. »
Elle a évoqué le référendum, la présidentielle et les dernières consultations organisées « sans violence », y compris dans des quartiers autrefois tendus comme Hamdallaye et Koloma. « Quand la paix est là, ce sont les femmes qui se réjouissent, ce sont les femmes qui cernent l’importance de la paix. »
Ce discours s’inscrit dans une ligne politique où le président Doumbouya a dédié son mandat aux femmes, présentées comme socle de l’économie, de la stabilité et de la cohésion nationale.
Reconnaissance régionale et actions de terrain
À l’occasion du 4e Forum du Réseau des Enseignantes de l’Afrique de l’Ouest (RéAO), représenté par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo, Hadja Yombouno a reçu des cadeaux symboliques et une attestation de reconnaissance signée à Bamako le 29 août 2026 par Windkoust Yolande Ouattara / Sayadogo, présidente du RéAO, pour sa contribution au rayonnement du réseau. Aujourd’hui, à l’occasion de cette cérémonie, les membres du réseau ont procédé à la remise symbolique de cette attestation de reconnaissance à Hadja Maimouna YOMBOUNO, un moment historique !
Prenant la parole dans la sagesse et l’humilité, Hadja Maimouna YOMBOUNO a rappelé que la Fondation Solidarité Féminine agit souvent dans l’anonymat, en s’inspirant « du modèle du président ». « Quand vous avez un poste de responsabilité, c’est de ne pas rester dans votre confort, c’est aller auprès des femmes qui sont dans le besoin. Pendant mon mandat, j’ai dû sillonner toutes les régions de la Guinée. Je ne suis pas restée auprès des femmes qui ont les moyens. »
La Fondation, créée en 2013, mène des actions contre les violences faites aux femmes et pour leur autonomisation. Elle a notamment ouvert la Maison de la Solidarité Féminine à Tombolia-Dabompa Tassana, espace de formation, d’alphabétisation et d’appui.
Des panels aux chants
Plusieurs représentantes d’organisations féminines se sont succédé sur les droits des femmes et leur place dans la promotion de la paix. La cérémonie s’est achevée par des danses, des chants et une photo de famille.
Le message de l’ONU pour 2026 invite chacun à poser un geste quotidien : aider autrui, faire entendre sa voix, ouvrir des espaces de dialogue. À Dabompa, les femmes guinéennes ont traduit ce thème en appel concret : la paix se construit, se protège et se transmet, et elle ne peut l’être durablement sans elles à la table.
Mohamed Saliou CAMARA










