SAO PAULO – Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a signé, vendredi 25 septembre 2026, une mesure provisoire interdisant l’exploitation, l’offre et la publicité des paris sportifs et des jeux d’argent en ligne sur l’ensemble du territoire national. La décision intervient à neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle, prévue le 4 octobre.
Selon le texte, les nouveaux dépôts sur les plateformes sont immédiatement interdits. Les parieurs disposent jusqu’au 5 octobre à 23h59 pour retirer leurs fonds. À compter du 6 octobre, les sites et applications devront cesser leurs activités. La mesure provisoire doit encore être approuvée par le Congrès dans un délai de 120 jours pour rester en vigueur.
Le chef de l’État a justifié cette décision par les effets économiques et sociaux du secteur. « C’est comme un cancer : soit on enlève la tumeur, soit la tumeur nous tuera », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie à São Paulo, comparant le phénomène au crack. En 2025, les paris en ligne auraient absorbé 62,5 milliards de réais, soit plus de 10 milliards d’euros, selon des données relayées par les autorités et la presse.
Le marché des paris sportifs a été légalisé en 2018 et réglementé en 2023, sous le mandat de Lula. Depuis janvier 2025, des opérateurs licenciés pouvaient proposer leurs services après paiement de redevances. La mesure frappe également les contrats de sponsoring : plusieurs clubs de première division, dont le Flamengo, champion en titre, affichent des logos de sites de paris sur leurs maillots.
L’opposition a rapidement réagi. Le sénateur Flávio Bolsonaro, principal adversaire de Lula dans les sondages, a qualifié la décision de « populiste, hypocrite et motivée par des raisons électorales ». Les clubs de football et les entreprises du secteur soulignent quant à eux les conséquences financières d’une interdiction brutale.
La mesure provisoire s’accompagne d’un projet de loi visant à criminaliser certaines pratiques liées aux paris à cote fixe. Les autorités prévoient un mécanisme de restitution des soldes restants via les banques, avec un rôle éventuel de la Caixa Econômica Federal en cas de difficulté.
Cette décision intervient dans un contexte de forte endettement des ménages brésiliens et d’une campagne électorale particulièrement serrée.
La Rédaction










