Addis-Abeba, 13 mai 2026 – À l’occasion de la conférence annuelle entre l’Union africaine et les Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a prononcé une déclaration remarquée, marquant symboliquement sa dernière participation à ce rendez-vous dans ses fonctions.
Devant les médias, il a chaleureusement remercié le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, et salué l’Union africaine comme « le fleuron du multilatéralisme en Afrique » et une « voix collective pour la justice ».
Un partenariat « plus fort que jamais »
Le Secrétaire général a annoncé la signature d’une nouvelle déclaration conjointe avec le président Youssouf, visant à institutionnaliser et renforcer le partenariat stratégique entre les deux organisations dans les domaines de la paix, de la sécurité, du développement durable et des droits de l’homme.
Il a également souligné que le Pacte pour l’Avenir (adopté en 2024) reconnaît l’importance des organisations régionales et appelle à une réforme du Conseil de sécurité plus représentative, notamment pour corriger « l’injustice historique » subie par l’Afrique, toujours exclue d’un siège permanent.
« L’exclusion persistante de l’Afrique de toute représentation permanente constitue bel et bien une injustice historique – et nous ne pouvons l’accepter », a-t-il déclaré.
Réforme financière : « Le système actuel freine l’Afrique »
Le chef de l’ONU a dressé un constat lucide sur la situation économique du continent : malgré son immense potentiel (ZLECAf, jeunesse, énergies vertes, ressources naturelles), l’Afrique reste pénalisée par une architecture financière mondiale injuste.
Il a notamment dénoncé les taux d’emprunt exorbitants imposés aux pays africains et plaidé pour une réforme profonde, saluant l’Engagement de Séville et les initiatives africaines, dont la proposition de création d’une Agence africaine de notation de crédit.
Climat : l’Afrique peut montrer la voie
Sur le changement climatique, le Secrétaire général a alerté sur les conséquences dramatiques d’un dépassement temporaire de la limite de 1,5°C pour le continent. Il a appelé les pays développés à tripler leurs financements pour l’adaptation et à soutenir massivement les énergies renouvelables en Afrique, qui ne reçoit actuellement que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies propres.
« D’ici 2040, l’Afrique pourrait produire dix fois plus d’électricité qu’elle n’en a besoin, exclusivement à partir d’énergies renouvelables », a-t-il affirmé.
Paix et sécurité : « Il est temps de faire taire les armes »
Le Secrétaire général a réitéré le soutien total de l’ONU à l’initiative « Faire taire les armes » et salué l’adoption de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, tout en regrettant son non-application en Somalie.
Il a abordé les crises en cours :
– Soudan : appel à une cessation immédiate des hostilités et à une transition civile.
– Soudan du Sud : intensification des efforts pour la mise en œuvre de l’Accord de paix.
– RDC : appel à un cessez-le-feu permanent.
– Sahel : inquiétude face à la montée du terrorisme et appel au dialogue régional.
– Libye : encouragement après l’accord sur un cadre budgétaire unifié.
Le Secrétaire général a terminé son intervention en affirmant sa conviction profonde : l’Afrique est un continent d’« immense richesse et d’un potentiel immense » et mérite justice, paix et opportunités à la hauteur de ses ambitions.
« Ce fut un privilège de contribuer à faire vivre cette promesse au cours de la dernière décennie », a-t-il conclu.
La Rédaction










