Alors que la guerre au Moyen-Orient fait rage et que le détroit d’Ormuz reste quasi paralysé par les tensions avec l’Iran, le président américain Donald Trump a lancé un appel pressant à plusieurs pays pour qu’ils déploient des navires de guerre afin de sécuriser cette voie maritime stratégique.
Parmi les nations interpellées : la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni. Mais Tokyo a rapidement fait savoir qu’il n’entendait pas répondre favorablement à cette demande.
Dans un message posté sur Truth Social, Donald Trump a affirmé que « de nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les États-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr ». Il a ajouté : « Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres enverront des navires dans la région afin que le détroit d’Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité ».
Cet appel intervient dans un contexte où les États-Unis revendiquent avoir « vaincu et complètement anéanti » l’Iran militairement et économiquement, tout en cherchant à partager la charge de la sécurisation d’une route par laquelle transite environ un cinquième des approvisionnements pétroliers mondiaux.
Le Japon, fortement dépendant des importations de pétrole du Golfe, a toutefois réagi avec fermeté et mesure. Selon des sources rapportées par la presse nippone et relayées par BFMTV, le ministère japonais des Affaires étrangères a déclaré que le Japon « prend ses propres décisions » et « n’enverrait pas de navires de guerre simplement à la demande du président Trump ». Cette position souligne les contraintes juridiques et constitutionnelles japonaises, qui limitent strictement les déploiements militaires à l’étranger, surtout en dehors de cadres multilatéraux comme l’ONU.
Cette réponse prudente de Tokyo intervient à l’approche d’une visite de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi aux États-Unis, qui inclut une rencontre avec Donald Trump. Elle reflète une volonté d’autonomie stratégique, même face à un allié historique comme Washington. D’autres pays cités par Trump ont adopté des postures variées : la Corée du Sud indique « examiner de près » la proposition, tandis que la France semble plus ouverte à une contribution.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur des préoccupations mondiales, avec des prix du pétrole en forte hausse et des réserves stratégiques débloquées dans plusieurs régions. L’appel de Trump vise à internationaliser l’effort sécuritaire, mais la réticence japonaise illustre les limites d’une diplomatie unilatérale dans une zone aussi sensible.
Reste à voir si cet échange diplomatique influencera les discussions à venir entre Washington et Tokyo, alors que la crise au Moyen-Orient continue de redessiner les alliances et les responsabilités en matière de sécurité énergétique mondiale.
La Rédaction








