Frères et sœurs bien-aimés,
En ce 15 août, l’Église entière se réjouit et célèbre avec foi et espérance la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie. Aujourd’hui, nous contemplons Marie, la Mère de Dieu, élevée au ciel en corps et en âme au terme de sa vie terrestre. En elle, Dieu nous montre déjà ce qu’il veut accomplir pour toute l’humanité : la vie n’a pas le dernier mot, la souffrance n’a pas le dernier mot, la mort n’a pas le dernier mot. Avec Dieu, la vie finit par triompher.
L’Assomption n’est donc pas simplement une belle tradition, une fête populaire ou une occasion de porter les couleurs de la Vierge. C’est un grand mystère de foi et un message d’espérance.
En Marie, nous voyons le destin promis à ceux qui restent fidèles à Dieu. Celle qui a dit : « Voici la servante du Seigneur » est aujourd’hui élevée dans la gloire.
Le pape Pie XII a proclamé solennellement le dogme de l’Assomption le 1er novembre 1950. L’Église affirme ainsi que Marie, au terme de sa vie terrestre, a été élevée auprès de Dieu, corps et âme. Elle est le signe que Dieu ne méprise pas notre humanité. Au contraire, il veut la transformer et la conduire à sa plénitude.
Frères et sœurs, cette fête prend une résonance particulière lorsqu’on regarde la situation de nombreuses femmes dans notre société.
Dans certaines familles, avoir une fille est encore considéré comme une déception. On attendait un garçon et, lorsque naît une fille, certains pensent déjà qu’elle sera « une étrangère » qui quittera un jour la maison pour appartenir à une autre famille.
Dans certaines cultures, la femme est encore réduite au silence. Elle travaille, elle porte les enfants, elle entretient la maison, elle soutient son mari, elle se prive pour sa famille, mais son travail reste parfois invisible et sa parole rarement entendue.
Il y a aussi ces femmes battues, humiliées, abandonnées, trompées, exploitées ou réduites à leur apparence.
Il y a les femmes des campagnes, des forêts et des savanes qui se lèvent avant le soleil pour travailler dans les champs, chercher de l’eau, préparer les repas et prendre soin de leurs enfants.
Il y a les femmes qui vendent au marché sous le soleil et sous la pluie.
Il y a les mères qui se privent de nourriture pour que leurs enfants puissent manger.
Il y a les veuves qui doivent recommencer leur vie dans la solitude.
Il y a les jeunes filles qui rêvent d’étudier, mais auxquelles on dit : « Tu es une fille, tu n’as pas besoin d’aller aussi loin. »
Il y a toutes ces femmes dont personne ne connaît les combats, mais dont Dieu connaît les larmes.
Femmes des douleurs, femmes des plaines, femmes de la savane, femmes des villes et des villages, femmes silencieuses, femmes courageuses, femmes résilientes, femmes battantes : aujourd’hui, l’Église vous regarde avec respect.
Et l’Assomption de Marie vient vous rappeler une vérité essentielle : Dieu n’a jamais méprisé la femme.
Dieu a choisi une femme pour accueillir son Fils.
Dieu a choisi une femme pour porter dans son sein le Sauveur du monde.
Dieu a confié à une femme le privilège de devenir la Mère de Jésus.
Et aujourd’hui, cette femme est élevée dans la gloire.
Alors, toi qui as parfois été méprisée parce que tu es une femme, regarde Marie.
Toi qui as été humiliée, regarde Marie.
Toi qui as pleuré en silence, regarde Marie.
Toi qui as connu l’abandon, regarde Marie.
Toi qui as dû te battre pour nourrir tes enfants, regarde Marie.
Toi qui as parfois pensé que ta vie n’avait plus de valeur, regarde Marie.
Ta vie a du prix aux yeux de Dieu.
Marie nous révèle que la grandeur d’une femme ne dépend ni de son apparence, ni de sa richesse, ni de son statut social, ni du regard des hommes. Sa véritable grandeur se trouve dans sa dignité, sa foi, son courage, son amour et sa capacité à donner la vie.
Marie n’a pas conquis sa place par le bruit. Elle l’a reçue dans l’humilité.
Elle n’a pas cherché à être admirée. Elle a accepté de servir.
Elle n’a pas cherché les projecteurs. Elle a porté Jésus.
Voilà pourquoi l’Assomption nous enseigne également que la vraie grandeur ne consiste pas à être vu, mais à être fidèle.
Dans l’Évangile de ce jour, Marie se rend chez sa cousine Élisabeth. Elle aurait pu rester chez elle pour profiter de la grâce extraordinaire qu’elle venait de recevoir. Mais elle se met en route.
Marie est une femme qui se lève.
Elle se lève pour servir.
Elle se lève pour rejoindre une autre femme.
Elle se lève pour porter une présence, une parole et une bénédiction.
Et lorsqu’Élisabeth la rencontre, son enfant tressaille dans son sein.
Frères et sœurs, voilà une belle définition de la vocation chrétienne : être une présence qui fait tressaillir l’espérance chez les autres.
Une femme inspirée par Marie ne doit pas être une femme qui détruit la paix dans son foyer.
Une femme qui prie Marie ne peut pas passer son temps à humilier les autres femmes.
Une femme qui porte le chapelet ne peut pas nourrir la haine, la jalousie et la division.
Vénérer Marie, ce n’est pas seulement porter son image ou chanter ses louanges. C’est apprendre à lui ressembler.
Marie nous apprend l’humilité.
Marie nous apprend le service.
Marie nous apprend la patience.
Marie nous apprend la fidélité.
Marie nous apprend à rester debout même lorsque la vie devient difficile.
Car Marie a connu la joie de Bethléem, mais elle a aussi connu la douleur du Calvaire.
Elle a porté Jésus dans la joie et elle l’a accompagné dans la souffrance.
Elle a connu les incompréhensions, les épreuves, les larmes et l’attente.
C’est pourquoi elle peut comprendre les femmes qui souffrent aujourd’hui.
Marie est proche de la femme abandonnée.
Marie est proche de la mère qui pleure.
Marie est proche de l’épouse blessée.
Marie est proche de la veuve.
Marie est proche de la jeune fille humiliée.
Marie est proche de celle qui lutte pour offrir un avenir à ses enfants.
Et nous, frères et sœurs, nous devons devenir les instruments de cette consolation.
Si nous voulons vraiment honorer Marie, défendons la dignité des femmes.
Respectons nos mères.
Respectons nos épouses.
Respectons nos filles.
Respectons nos sœurs.
Éduquons nos enfants dans le respect de la dignité humaine.
Ne banalisons jamais les violences faites aux femmes.
Ne justifions jamais les coups au nom de la tradition.
Ne transformons jamais la pauvreté d’une femme en occasion d’exploitation.
Ne réduisons jamais une femme à son corps.
Et surtout, ne disons jamais à une fille qu’elle vaut moins qu’un garçon.
Chaque fille est une bénédiction de Dieu.
Frères et sœurs, aujourd’hui, en célébrant l’Assomption, nous célébrons aussi toutes ces femmes qui, malgré les épreuves, continuent de se lever chaque matin.
Elles sont parfois fatiguées, mais elles avancent.
Elles pleurent parfois, mais elles continuent de sourire à leurs enfants.
Elles ont connu l’échec, mais elles recommencent.
Elles ont été blessées, mais elles continuent d’aimer.
Voilà la résilience. Voilà le courage. Voilà la force silencieuse de tant de femmes.
Et à toutes ces femmes, l’Assomption proclame aujourd’hui : Dieu voit votre combat. Dieu connaît vos sacrifices. Dieu n’oublie pas vos larmes.
Votre histoire n’est pas terminée.
Votre dignité ne dépend pas de ceux qui vous méprisent.
Votre avenir ne dépend pas uniquement de ceux qui vous ont fermé des portes.
Votre vie est entre les mains de Dieu.
Frères et sœurs, l’Assomption est enfin une invitation à l’espérance pour chacun de nous. Marie est déjà auprès de Dieu, mais elle nous montre le chemin.
Elle nous dit : ne désespérez pas.
Ne désespérez pas lorsque votre famille traverse une crise.
Ne désespérez pas lorsque votre travail ne marche pas.
Ne désespérez pas lorsque vos enfants vous préoccupent.
Ne désespérez pas lorsque vous avez l’impression que vos prières ne sont pas entendues.
Marie a connu l’attente. Elle a connu la souffrance. Mais elle est entrée dans la gloire.
Alors, avançons avec elle.
Frères et sœurs, en ce 15 août, levons les yeux vers Marie.
Elle est notre Mère, notre sœur dans la foi, notre modèle et notre espérance.
Que toutes les femmes trouvent en elle leur dignité.
Que toutes les mères trouvent en elle leur courage.
Que toutes celles qui souffrent trouvent en elle leur consolation.
Que toutes celles qui luttent trouvent en elle la force de continuer.
Et que chacun de nous apprenne d’elle à dire chaque jour :
« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Que Marie nous conduise toujours vers Jésus.
Marie, Notre-Dame de l’Assomption, prie pour nous.
Marie, Mère des familles, prie pour nous.
Marie, Consolatrice des affligés, prie pour nous.
Marie, Reine du ciel et de la terre, prie pour nous. Amen.
Bonne fête de l’Assomption à toutes et à tous !
Père Francis Marie de la Compassion KABORE
Institut Religieux Masculin Mère du Divin Amour











