Portée par le géant minier Simandou et le boom de la bauxite, la Guinée réalise une performance historique et devance tous ses voisins, selon le dernier rapport de la CNUCED.
La Guinée a attiré 7,8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2025, soit une hausse spectaculaire de plus de 450 % par rapport aux 1,4 milliard enregistrés en 2024. Ce chiffre, issu du World Investment Report 2026 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), place le pays en tête de l’Afrique subsaharienne et au deuxième rang continental, juste derrière l’Égypte (environ 15,5 milliards de dollars).
Un bond historique porté par le minerai de fer
Cette explosion des flux d’investissements s’explique principalement par le projet de mine de fer de Simandou, l’un des plus grands gisements de minerai de fer à haute teneur au monde. Une large part des 7,8 milliards de dollars a été absorbée par la construction de la mine et des infrastructures d’exportation (chemin de fer, ports).
« Le gouvernement et les partenaires ont vraiment mis le paquet pour tenir le délai du démarrage des exportations. Les deux géants, Rio Tinto et Winning Consortium Simandou, appuyés par Baowu, ont mis tous les moyens pour finaliser la première phase du projet », explique Mohamed Camara, du cabinet Mocam Consulting, cité par RFI.
Les investissements dans le secteur de la bauxite, dont la Guinée est le premier producteur mondial, ont également contribué à cette dynamique.
Un classement qui change la donne
Avec cette performance, la Guinée écrase largement ses voisins d’Afrique de l’Ouest :
– Nigeria : environ 4 milliards de dollars
– Côte d’Ivoire : environ 2 milliards
– Ghana : près de 1,9 milliard
Au niveau continental, elle se hisse juste derrière l’Égypte et devant le Mozambique (environ 5,7 milliards), confirmant la concentration des IDE africains sur quelques économies riches en ressources naturelles. L’Afrique dans son ensemble a attiré près de 70 milliards de dollars d’IDE en 2025, un niveau encore élevé malgré un recul par rapport au pic exceptionnel de 2024.
L’enjeu de la transformation
Si 2025 a été exceptionnelle, les experts estiment que les flux devraient rester soutenus dans les prochaines années grâce à la poursuite des projets miniers et aux investissements dans les infrastructures associées. Le défi pour Conakry est désormais de transformer cette manne en développement durable : transformation locale des minerais (raffineries d’alumine en construction), diversification vers l’agriculture et l’hydroélectricité, et retombées concrètes pour les populations.
Le rapport de la CNUCED illustre une tendance plus large : les IDE en Afrique restent très concentrés sur les ressources naturelles et les grands projets d’infrastructures. La Guinée, longtemps en marge des classements, vient de démontrer qu’un seul mégaprojet bien mené peut complètement bouleverser la carte des investissements sur le continent.
Mohamed Saliou CAMARA ; E-mail : [email protected] ; Tél : +224620711095










