Dans un monde où les droits de l’enfant sont au cœur des débats sociétaux, l’islam offre un cadre ancien et précis. Loin d’être secondaire, la protection des plus jeunes y apparaît comme un pilier religieux. Voici ce que disent le Coran et les hadiths authentiques.
Un dépôt confié par Dieu
Dès les premiers textes, l’enfant est présenté comme une amanah, un dépôt confié par Allah aux parents. Ceux-ci en sont responsables. Le Prophète Muhammad ﷺ le rappelle clairement : « Vous êtes tous des bergers et chacun est responsable de son troupeau. L’homme est le berger de sa famille et en répond. » (Boukhari et Mouslim).
Cette responsabilité va bien au-delà du simple entretien matériel. Le Coran ordonne :
« Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres… » (sourate At-Tahrim, 66:6).
Protéger l’enfant, c’est aussi le préserver spirituellement et moralement.
Le droit à la vie, priorité absolue
Le Coran interdit formellement de tuer ses enfants, même par peur de la misère :
« Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; c’est Nous qui attribuons leur subsistance, tout comme à vous. Les tuer, c’est vraiment un énorme péché. » (sourate Al-Isra, 17:31).
La pratique préislamique de l’infanticide des filles est condamnée avec force. Le Jour du Jugement, « la fillette enterrée vivante sera interrogée : pour quel crime a-t-elle été tuée ? » (sourate At-Takwir, 81:8-9). Cette protection commence dès le stade fœtal : nuire au fœtus par des substances dangereuses ou un avortement non motivé par une nécessité vitale est interdit selon la majorité des juristes.
Soins, éducation et équité
Le Coran fixe un cadre concret pour l’allaitement :
« Les mères allaitent leurs enfants deux années complètes, pour qui veut parachever l’allaitement. » (sourate Al-Baqara, 2:233).
L’entretien (nourriture, vêtements, logement) incombe principalement au père.
L’éducation est un devoir. L’exemple de Louqman dans le Coran (sourate 31) montre un père qui transmet à son fils la foi, la morale et la sagesse. Le Prophète ﷺ insiste aussi sur l’équité entre les enfants :
« Craignez Allah et soyez justes envers vos enfants. »
La bienveillance n’est pas optionnelle. Le Prophète ﷺ montrait une grande tendresse envers les enfants. Il a dit :
« Celui qui n’est pas miséricordieux ne le sera pas. » (Boukhari).
Une attention particulière aux orphelins
L’islam réserve une place centrale à la protection des orphelins. Le Coran multiplie les mises en garde contre ceux qui s’approprient leurs biens :
« Ceux qui mangent injustement les biens des orphelins ne font que se remplir le ventre de Feu. Ils brûleront dans un brasier. » (sourate An-Nisa, 4:10).
Il ordonne de bien les traiter, de protéger leurs biens jusqu’à leur maturité et de les leur restituer. Le Prophète ﷺ promet un rang élevé au Paradis à celui qui prend en charge un orphelin :
« Moi et le protecteur de l’orphelin serons au Paradis comme ceci », en rapprochant deux doigts.
Un cadre global
Au-delà des parents, la société et les autorités ont une responsabilité collective envers les enfants abandonnés, victimes de guerre ou vulnérables. L’islam interdit l’exploitation, la négligence et toute atteinte à l’intégrité physique ou morale de l’enfant.
En résumé, le Coran et la Sunna posent un principe clair : protéger l’enfant n’est pas seulement un acte de bienveillance, c’est un devoir religieux. Droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à l’équité et à la dignité : ces droits sont affirmés avec force dans les textes fondateurs de l’islam.
La Rédaction










