Conakry, 24 mai 2026 – Face à l’oubli progressif de cette date fondatrice chez les nouvelles générations, l’Union des Oulémas de Guinée pour la Science et la Culture a organisé une cérémonie de sensibilisation au Centre Islamique de Donka pour rappeler l’importance du Nouvel An musulman.
Le Nouvel An hégirien, ou Ra’s al-Sana, marque le début de l’année dans le calendrier lunaire islamique, fondé sur l’Hégire – la migration du Prophète Muhammad (PSL) de La Mecque à Médine en 622.
Cet événement historique, décidé sous le calife Omar ibn al-Khattab, symbolise le passage de l’oppression à la liberté, de l’obscurité à la lumière, et constitue le repère officiel du calendrier musulman.

El Hadj Mohamed Mansour Fadiga, Président des Oulémas, a expliqué les motivations de cette journée :
« C’est depuis le temps de Sayyidina Omar, lorsque les Sahaba se sont mis d’accord pour prendre la Hijra du Prophète (PSL) comme repère du calendrier musulman. L’Union des musulmans de Guinée a jugé utile de marquer l’événement et de lui accorder son vrai sens. Nous avons convoqué les musulmans pour parler de l’immigration du Prophète et du sens du calendrier. »
Il a regretté un engouement moindre cette année tout en lançant un appel solennel aux chefs religieux : organiser non seulement des sermons, mais de véritables conférences et cérémonies.
« Dans beaucoup de pays musulmans, dès le premier jour, il y a de grandes rencontres avec les dirigeants. C’est à nous tous d’accorder à la Hijra son vrai sens, pour que nos enfants sachent que notre changement d’année, sur le plan religieux, est le 1er Muharram et non le 1er janvier. »

Hadja Mariama Sow, Présidente des Femmes Oulémas, a abondé dans le même sens avec regret :
« Quand il s’agit de cette fête, tout est calme, personne n’en parle. Il y a des exceptions, mais beaucoup ne l’informent même pas à leur famille. C’est dangereux. Notre devoir est de rappeler à tout le peuple de Guinée que cette fête est à respecter. Nous sommes en 1448 de l’Hégire. Nos enfants et petits-enfants ne savent même plus ce que cela signifie. »
Elle a annoncé des dispositions plus importantes pour l’année prochaine (1449 H) afin que la célébration soit mieux marquée dès le 1er Muharram.
La cérémonie a débuté par la lecture du Saint Coran, suivie d’une conférence de presse animée par El Hadj Mamadou Saliou Conté.

Les échanges ont porté sur le calendrier islamique et la signification du Nouvel An hégirien, les valeurs fondamentales de l’Islam, ainsi que les pratiques à raviver. Le ministre Secrétaire général des Affaires religieuses était représenté par son Directeur national des affaires Sociopolitiques, El Hadj Mohamed Kaba, qui a salué l’initiative.

Plusieurs associations islamiques, conseils de mosquées et organismes religieux ont pris part à l’événement.
Les organisateurs entendent faire de cette commémoration un rendez-vous annuel fort, porteur de transmission et de renouveau spirituel pour la communauté musulmane guinéenne.
Mohamed Saliou CAMARA














